Le député de l'Yonne était poursuivi aux côtés de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. La cour d'appel de Paris a confirmé ce mardi 7 juillet sa condamnation à huit mois de prison avec sursis mais a allégé sa peine d'un an d'inéligibilité à un an d'inéligibilité avec sursis. Il conserve donc son mandat d'élu au Palais-Bourbon.
Parmi les députés du Rassemblement national, Marine Le Pen n'était pas la seule à jouer son avenir politique à la cour d'appel de Paris ce mardi 7 juillet. Julien Odoul, député de l'Yonne et porte-parole du parti était lui aussi à la barre, poursuivi dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national pour "recel de détournement de fonds publics". Il lui est reproché d'avoir exercé un emploi présumé fictif de collaborateur auprès d'une eurodéputée FN entre 2014 et 2015, alors qu'il aurait en réalité travaillé pour le cabinet de Marine Le Pen.
La cour d'appel de Paris a condamné cet après-midi Julien Odoul à huit mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité avec sursis, il conserve donc son siège à l'Assemblée nationale. En première instance le 31 mars 2025, le porte-parole du RN avait été condamné à huit mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, ce qui aurait eu pour effet de le faire déchoir de ses mandats en cas de condamnation définitive.
Toutefois, et contrairement à Marine Le Pen, le tribunal n'avait pas assorti cette peine d'une décision d'exécution provisoire, aussi a-t-il pu conserver jusqu’à présent ses mandats électoraux de député de l'Yonne et de conseiller régional de la région Bourgogne Franche-Comté.
D'octobre 2014 à juillet 2015, Julien Odoul a bénéficié d'un contrat d'assistant parlementaire auprès de l'eurodéputée FN Mylène Troszczynski - poursuivie dans la même affaire, mais qui n'a pas fait appel de sa condamnation en première instance - tout en travaillant en réalité comme conseiller spécial de Marine Le Pen, a considéré le tribunal de première instance.
Les enquêteurs avaient notamment mis au jour un document accablant pour l'élu, un mail de février 2015 dans lequel il demandait à Marine Le Pen s'il pouvait se rendre à Strasbourg pour assister à une session du Parlement européen et "faire la connaissance de Mylène Troszczynski"... pour laquelle il était alors censé travailler depuis quatre mois. Lors de son audition devant la cour d'appel le 20 janvier 2026, Julien Odoul avait assuré aux juges "regretter cette période".
D'autres cadres du RN ont comparu devant la cour d'appel de Paris ce mardi dans la même affaire. Les peines prononcées en appel ont été allégées par rapport au jugement de première instance. Ainsi, le maire de Perpignan Louis Aliot a été condamné ce mardi à un an de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité contre dix-huit mois de prison en première instance dont six fermes et trois ans d'inéligibilité - il conserve ainsi son mandat d'élu local. Bruno Gollnisch, absent de l'audience cet après-midi, a quant à lui été condamné en appel à trois ans de prison avec sursis et un an d'inéligibilité contre trois ans de prison (dont un ferme) et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire en première instance.