De Mélenchon à Retailleau, la bataille des candidats à la présidentielle pour récupérer De Gaulle

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Charles de Gaulle
Charles de Gaulle
par Soizic BONVARLET, le Vendredi 17 juillet 2026 à 12:47, mis à jour le Vendredi 17 juillet 2026 à 13:40

C'est un film - et une figure -, qui ont la capacité rare à mettre d'accord les candidats, déclarés ou potentiels, à l'élection présidentielle. De Jean-Luc Mélenchon à Bruno Retailleau, tous chantent les louanges de La Bataille de Gaulle, le long-métrage en deux parties d'Antonin Baudry actuellement en salles. Une manière pour les prétendants à l'Élysée d'inscrire leurs pas dans ceux du chef de la France libre et fondateur de la Cinquième République.

Faire consensus d'un bout à l'autre de l'échiquier politique est une chose rare. C'est le tour de force réussi par La Bataille de Gaulle - le long-métrage en deux parties d'Antonin Baudry retraçant le parcours du chef de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale - qui a été applaudi de Jean-Luc Mélenchon à Bruno Retailleau, en passant par Dominique de Villepin et Raphaël Glucksmann. Comme si, à gauche comme à droite, beaucoup voyaient à travers son action et son rôle dans l'Histoire des raisons de conforter leur candidature à l'Élysée. 

Une figure tutélaire pour qui aspire à présider

"Je vous implore d'y aller. Courez-y, allez-y. Voyez ce que coûte la liberté", a lancé Raphaël Glucksmann lors d'une cérémonie du 14 juillet en Gironde. L'occasion pour l'eurodéputé, souvent accusé par le reste de la gauche de faire cavalier seul, de souligner "la solitude absolue du général et de ses compagnons" au début de son aventure londonienne.

Le même jour, Jean-Luc Mélenchon a qualifié le film de "magnifique", alors qu'il avait récemment souligné, à propos du premier président de la Cinquième République, que "cet homme-là, quand il a été battu à un référendum, il est parti, tandis que tous les autres se cramponnent". "Nous parlons des relations de la France avec le monde de la même manière que le faisait le général de Gaulle", avait également déclaré au printemps le chef de file de La France insoumise, en allusion à son "non-alignement" et à sa défiance vis-à-vis des États-Unis.

Le diptyque actuellement en salles a également été cité la semaine dernière par un autre candidat à la présidentielle, le patron des Républicains Bruno Retailleau. Lors du journal télévisé de France 2, il a loué une oeuvre "géniale" dont le succès reflète, selon lui, "un besoin de patriotisme" dans la société.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait également dit son intention de voir le film au cinéma. Un retournement de l'Histoire pour un parti fondé notamment par d'anciens collaborateurs revendiquant leur antigaullisme. Le communiste Fabien Roussel compte lui, projeter le film - qui mentionne le rôle du PCF dans la résistance -, aux écoliers de sa ville de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) à la rentrée. 

Pour Dominique de Villepin, le film a un écho particulier, Antonin Baudry ayant été son conseiller au ministère de l'Intérieur et à Matignon. "J'ai beaucoup aimé ce de Gaulle qui surprend un certain nombre de gens, mais qui montre bien qu'assumer sa différence et son originalité, le faire avec détermination, être capable de rassembler les Français, reste la seule clé dans des temps difficiles", a estimé le prétendant à l'Élysée, dont l'identification à la famille politique gaulliste n'est pas nouvelle. 

(Avec AFP)