Mercosur, budget : le gouvernement agite le spectre de législatives anticipées, en cas de censure

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Sébastien Lecornu, le 10 décembre 2025.
Sébastien Lecornu, le 10 décembre 2025. LCP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Vendredi 9 janvier 2026 à 22:11, mis à jour le Vendredi 9 janvier 2026 à 22:22

L'exécutif a agité ce vendredi le spectre d'une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer d'éventuelles élections législatives aux mêmes dates que les municipales, en mars prochain.

Une censure du gouvernement serait suivie d'une dissolution. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a en effet donné instruction au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer l'organisation d'éventuelles élections législatives aux dates des municipales, soit les 15 et 22 mars prochains, a appris l'AFP vendredi 9 janvier d'une source au sein de l'exécutif. Cette dernière précise que le président Emmanuel Macron et le Premier ministre sont d'accord à ce sujet.

Deux motions de censure viennent d'être déposées par le Rassemblement national et par la France insoumise (à lire ici), qui s'opposent à l'attitude de la France sur l'accord commercial de l'Union européenne avec des pays latino-américains du Mercosur. Les deux textes seront examinés mardi ou mercredi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. 

"Nous n'avons pas peur de l'élection", répond Mélenchon

Il s'agit d'abord pour Sébastien Lecornu de réduire le risque d'adoption d'une telle motion. Le Premier ministre a particulièrement élevé la voix ce vendredi contre ces deux formations politiques, fustigeant sur X des "postures cyniques partisanes" qui "retardent les discussions budgétaires", d'autant que la France a voté "contre" l'accord du Mercosur. Il rappelle aussi que les discussions sur le budget de 2026 sont "déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d'agenda électoral".

"Si le Premier ministre croit qu'il nous menace, il se trompe", a répondu le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, interrogé par des journalistes en marge d'un déplacement à Villeurbanne (Rhône), où il est venu assister aux vœux du député Gabriel Amard"Nous n'avons pas peur de l'élection. (...) Pour nous, le vote populaire, ce n'est pas une menace", a-t-il poursuivi, ajoutant que son mouvement était "tout le temps prêt". "S'ils veulent le faire, qu'ils le fassent", a également déclaré Jean-Luc Mélenchon.

"Inutile et inefficace", juge un député socialiste

Le lancement de préparatifs en vue d'élections anticipées "n'est pas une menace", assure la source au sein de l'exécutif, mais il accentue la pression sur ceux qui veulent un budget. "C'est inutile et inefficace", réagit ce vendredi soir un député socialiste auprès de LCP. "Cela parasite les discussions et nous fait passer pour des peureux parce que nous discutons", complète le même élu.

A l'Assemblée nationale, l'examen du projet de loi de finances a repris ce jeudi en commission des finances et se poursuit jusqu'à samedi. Vendredi, les députés ont largement rejeté la partie recettes. Dans l'hémicycle, les discussions, en nouvelle lecture, sur le budget de l'Etat débuteront mardi 13 janvier.

(avec AFP)