Le Rassemblement national et La France insoumise ont annoncé le dépôt de motions de censure à l'encontre du gouvernement, en raison de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur, bien qu'Emmanuel Macron ait annoncé que la France voterait contre cet accord. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, reproche au RN et à LFI des "postures cyniques partisanes".
Deux motions de censure vont être défendues dans les prochains jours contre le gouvernement par les deux principaux groupes d'opposition de l'Assemblée nationale, le Rassemblement national et La France insoumise. Le motif de ces motions : la signature du traité commercial entre l'Union européenne et le Mercosur. Et ce malgré le vote "contre" de la France, comme l'a annoncé Emmanuel Macron hier, jeudi 8 janvier. "Une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite" et une "mise en scène", a fustigé sur X le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, évoquant une "trahison des agriculteurs français".
"Grâce à la manœuvre honteuse de Madame von der Leyen, la majorité qualifiée est acquise pour nous imposer [l'accord UE-Mercosur]", a de son côté dénoncé Marine Le Pen sur X. Le RN a fait savoir qu'il engagerait aussi une motion de censure au Parlement européen contre la Commission von der Leyen, appelant à suspendre la contribution de la France au budget de l'UE. Au niveau national, la motion du groupe de Marine Le Pen devrait, selon nos informations, être déposée lundi.
La France insoumise a pour sa part annoncé le dépôt de sa motion de censure dans la matinée, ce vendredi 9 janvier, aussi bien pour protester contre l'accord UE-Mercosur que pour dénoncer l'absence d'une réaction suffisante à ses yeux contre l'intervention américaine au Venezuela. "La France humiliée à Bruxelles par le Mercosur que Macron n’a jamais bloqué en 8 ans de pouvoir. La France humiliée dans le monde, tel est le bilan désastreux d’un président de la République incapable de condamner l’agression des Etats-Unis contre le Vénézuéla", a cinglé sur X la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot.
Selon les informations recueillies par LCP, les deux motions de censure pourraient être discutées mercredi prochain, le 14 janvier. Faute de recueillir les voix de la gauche, la motion du RN n'a aucune chance d'être adoptée. Pour faire tomber le gouvernement, la motion déposée par LFI devra recueillir la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale, soit 288 voix à date. La décision du président de la République de voter contre l'accord semble cependant écarter le risque de censure du gouvernement Lecornu sur ce sujet.
Le Premier ministre n'en a pas moins très fraîchement accueilli l'annonce du dépôt de ces motions de censure, dénonçant des "postures cyniques partisanes" à même de retarder "encore les discussions budgétaires". Déposer des motions de censure, "c’est choisir d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer l’unité nationale dans la défense de notre agriculture", a blâmé Sébastien Lecornu sur X, alors que l'accord UE-Mercosur doit faire l'objet d'un vote ce vendredi à Bruxelles.
"L’influence française est l’affaire de tous les partis, et ce n’est pas par coup politicien que nous parviendrons à faire rejeter cet accord", a poursuivi le locataire de Matignon. Et de conclure que le dépôt de motions de censure "envoie un très mauvais signal à l'étranger, alors que les tensions internationales exigent sérieux et cohésion et que la crise agricole rend urgente l’adoption d’un budget".