Audiovisuel public : la commission d'enquête s'accorde sur des règles destinées à assurer son "bon fonctionnement"

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Le siège de France Télévisions
Le siège de France Télévisions à Paris.
par Raphaël Marchal, le Mardi 6 janvier 2026 à 20:30

A l'issue d'une réunion qui s'est tenue à l'Assemblée nationale, ce mardi 6 janvier après-midi, les députés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public se sont accordés sur un socle de règles visant à "garantir le bon fonctionnement" de l'instance. Les élus se sont notamment engagés à ne pas faire de publications en temps réel sur les réseaux sociaux lors des travaux de la commission. Les auditions reprendront la semaine du 19 janvier.

C'est au terme de 2h30 de réunion que le bureau de la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public" s'est entendu sur un certain nombre de règles à respecter pour assurer la poursuite de ses travaux. Cet échange, auquel un représentant par groupe politique était autorisé à participer, a été organisé à l'initiative du président de l'instance, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), à la suite d'échanges tendus au cours des premières auditions.

Parmi ces nouvelles règles, figurent la fin des "livetweet" des auditions par les équipes des députés sur les réseaux sociaux. Alors que plusieurs personnalités auditionnées, à l'instar de la patronne de Radio France, Sibyle Veil, ou du journaliste Patrick Cohen, se sont plaints d'une "déformation" de leurs propos, les élus ont certifié qu'ils ne travestiraient pas les paroles des intervenants. Les membres du bureau ont également pris l'engagement de tenir des propos modérés dans les médias en dehors de la commission.

Auditions tendues et polémiques

Mise en place à la demande du groupe Union des droites pour la République, présidé par Eric Ciotti, allié du Rassemblement national, la commission d'enquête affiche l'objectif de faire la "transparence" sur l'audiovisuel public, notamment sur sa situation financière et sur l'utilisation faite des fonds qui lui sont attribués. En fin d'année dernière, certaines auditions se sont déroulées dans un climat tendu, faisant parfois l'objet de polémiques.

Ce qui avait conduit la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à "rappeler à l'ordre" le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (Union des droites pour la République). Ce dernier s'est toutefois toujours défendu de vouloir instrumentaliser l'instance, ou de vouloir jouer un rôle de procureur, assurant uniquement relancer les personnalités auditionnées lorsqu'il estime qu'elles tentent de se soustraire à ses questions.

Reprise des auditions la semaine du 19 janvier

"Mon rôle n’est pas de censurer le rapporteur, les députés membres de la commission, ni d’exercer une police des pensées ou d’éviter les questions qui fâchent", mais de "garantir le bon fonctionnement de cette commission", a écrit Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) dans un communiqué publié à l'issue de la réunion de ce mardi. "Tout le monde est convenu que les choses ne s'étaient pas déroulées correctement ces dernières semaines", a pour sa part réagi Sophie Taillé-Polian (Ecologiste et social), jugeant "déplorable" l'image parfois donnée par la commission d'enquête.

Le président de l'instance a annoncé qu'il allait désormais relancer les convocations pour de nouvelles auditions. Le calendrier sera précisé dans les jours qui viennent. Seront notamment entendus, au cours des semaines qui viennent, les représentants des salariés et des journalistes de France Télévisions et de Radio France. Mais aussi des responsables des principales sociétés de production - Banijay, Mediawan, etc. - qui travaillent avec les entreprises de l'audiovisuel public, une séquence considérée comme étant "centrale" par Charles Alloncle (UDR). Les auditions reprendront lors de la semaine du 19 janvier.