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Olivier Becht (Agir ensemble) tire un bilan mitigé de la "maison commune" de la majorité

Actualité
par Ariel Guez, le Mardi 31 août 2021 à 14:10, mis à jour le Mardi 31 août 2021 à 15:54

Lors des journées parlementaires du groupe Agir ensemble à Sélestat dans le Bas-Rhin, Olivier Becht est revenu sur les derniers mois de la "maison commune" de la majorité, qui rassemble les forces pro-gouvernement à l'Assemblée nationale. S'il y voit des satisfactions, le président du groupe Agir souligne aussi "une structuration insuffisante des différentes composantes de la majorité."

Le groupe vit bien. À moins d'un an de l'élection présidentielle, et à quelques mois de la fin de la XVe législature, les députés de chaque groupe parlementaire de l'Assemblée se réunissent début septembre pour faire le point sur le calendrier et les futurs textes à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Cette semaine, c'est Agir ensemble qui a ouvert le bal des journées parlementaires. L'occasion pour Olivier Becht, président de ce groupe créé en mai 2020, de tirer un bilan de la "maison commune", de la majorité, qui rassemble les forces pro-gouvernement (Agir ensemble donc, mais aussi La République en marche, le Mouvement démocrate et Territoires de progrès).

"Une structuration insuffisante des différentes composantes de la majorité"

"Il y a des satisfactions et des déceptions, mais comme partout", explique Olivier Becht en conférence de presse. "On aurait souhaité que cette maison commune se bâtisse plus rapidement (elle n'a été lancée officiellement qu'à l'été 2020, ndlr) et que les rapports soient plus fluides", continue le député du Haut-Rhin, avant de tempérer ses propos : "Au titre des satisfactions, il ne faut pas le cacher non plus, on a un très bon rapport avec le Premier ministre, qui est à l'écoute de sa majorité. On a un rapport et un dialogue de qualité, et je pense que c'est aussi une source de satisfaction."

Entre Jean Castex et le petit groupe du centre-droit, il y a parfois "un dialogue franc, direct. On se dit les choses", relate Olivier Becht qui souhaiterait que les propositions de son groupe soient davantage reprises par l'exécutif.

"Nous sommes constructifs. Nous n'avons jamais créé ce groupe simplement pour apporter des voix supplémentaires, mais parce que nous avons des propositions à faire et que nous voulons influencer sur le fond", continue Olivier Becht, reconnaissant aussi qu'Agir ensemble est le dernier venu dans la majorité présidentielle et n'avait donc pas pu peser sur le programme en 2017. 

 

À comprendre l'élu du Haut-Rhin, cette maison commune doit en tout cas évoluer. "Je ne parlerais pas d'un échec de la maison commune. Je parlerai d'une structuration insuffisante des différentes composantes de la majorité. Ça, c'est évident", lance-t-il, plaidant pour une rencontre entre les différentes forces afin d'élaborer une "plateforme" en vue des futures campagnes électorales (présidentielle et législatives). "Nous pensons que c'est une condition de la victoire. On a beau avoir un bilan dont nous n'avons pas à rougir (...) on n'est jamais réélu sur un bilan. On est élu sur un projet et sur une espérance", conclut Olivier Becht, qui soutiendra Emmanuel Macron en avril prochain. 

Invité à réagir aux propos du président du groupe Agir, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau (MoDem), a estimé que la maison commune de la majorité "ne peut pas se résumer à une équation d'équilibres électoraux. De ce point de vue là, si c'est ce que dit Olivier Becht, il a raison." Le ministre reconnaît par ailleurs que l'espace central qu'incarne la majorité "a besoin de se structurer" avec des gens qui viennent de droite et de gauche. "Mais si c'est juste de l'épicerie d'appareil, ça n'a pas d'intérêt", prévient-il.