Les députés ont adopté, ce jeudi 29 janvier, une proposition de loi "visant à garantir des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs et les personnels sur leur temps de travail", portée par les socialistes. Sauf que les insoumis défendaient, eux, une gratuité totale. Le débat s'est poursuivi après le vote, sur un ton très vif, entre les chefs de file des deux groupes de gauche.
L'examen et l'adoption à l'Assemblée nationale, ce jeudi, d'une proposition de loi "visant à garantir des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs et les personnels sur leur temps de travail" n'aura pas arrangé les relations entre socialistes et insoumis, déjà tendues par la décision des premiers de ne pas faire tomber le gouvernement sur le budget 2026. Et donc de ne pas voter la motion de censure défendue par les autres forces de gauche du Palais-Bourbon.
"ALERTE ! RN, Macronie et PS ont rejeté la gratuité totale des parkings des hôpitaux !", a dénoncé sur X le compte officiel du groupe de La France insoumise à l'Assemblée. Sur le visuel utilisé pour l'occasion : les silhouettes de Marine Le Pen et Jordan Bardella, les deux dirigeants du Rassemblement national.
En réponse, le président du groupe Socialistes, Boris Vallaud, écrit que "le combat politique ne permet pas tout" et appelle ses (ex)-alliés à "être utiles plutôt que de mentir et salir constamment sur les réseaux sociaux".
Réponse à la réponse, signée cette fois par son homologue insoumise, Mathilde Panot : "Menteur. Vous venez de voter contre notre amendement pour la gratuité TOTALE des parkings d’hôpitaux. Assumez vos votes."
L'objet de la discorde ? Le périmètre de la gratuité votée. Via un amendement du député Pierre-Yves Cadalen, La France insoumise souhaitait la "gratuité totale du stationnement pour les hôpitaux, tant pour les patients et les agents que pour les visiteurs". Elle avait d'ailleurs fait adopter une proposition de loi en ce sens en novembre dernier en commission des affaires sociales. Or, le texte porté par le socialiste Stéphane Hablot prévoit notamment la gratuité pour les patients, les personnels hospitaliers, ou encore pour les parents d'un mineur hospitalisé. Mais une gratuité limité dans le temps pour la plupart de proches, étant indiqué que "les visiteurs des patients hospitalisés bénéficient de deux heures de stationnement gratuit par jour". Et qu'au-delà, "le prix de la journée ne peut excéder 15 euros par jour".
"Lorsqu'on est conduit à rester plus de deux heures, (...) on se trouve dans l'un des pires moments de notre vie. Je ne comprends pas la rationalité qui conduirait à dire qu'en-dessous de deux heures ce serait gratuit, mais au-delà il faudrait payer", a déploré Pierre-Yves Cadalen dans l'hémicycle (voir la vidéo en tête d'article), en défendant son amendement, qui a été rejeté. "Maintenir le parking payant après 2h, c'est frapper les personnes qui viennent auprès des plus malades", a-t-il ajouté sur X.
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Pour justifier son opposition à cet amendement, le rapporteur Stéphane Hablot a dit ne "pas pouvoir accepter la gratuité totale pour une raison particulière", à savoir la gestion des voitures dites "ventouse" – un véhicule qui monopolise pendant une trop longue période une place de stationnement. Autre raison avancée par le député : les recettes dont ont besoin les hôpitaux. "Votre propos est noble, mais (...) il n'est pas réalisable, il met en difficulté les hôpitaux qui ont besoin aussi d'investir, ça coûte cher de faire des parkings."