Les députés ont adopté, ce jeudi 29 janvier, la proposition de loi "visant à garantir la gratuité des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs et les personnels sur leur temps de travail". Le texte prévoit notamment une gratuité de deux heures pour les visiteurs.
Stéphane Hablot en est convaincu : "Les patients ont besoin qu'on leur rende visite." Le député socialiste défendait ce jeudi matin, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, sa proposition de loi "visant à garantir la gratuité des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs et les personnels sur leur temps de travail".
Le texte a été adopté (43 pour, 13 contre, 17 abstentions) malgré l'opposition des groupes Ensemble pour la République et Les Démocrates. Les députés de La France insoumise, qui jugent que le texte ne va pas assez loin, se sont abstenus. La proposition de loi doit désormais être examinée par le Sénat.
"On entend les hôpitaux qui disent 'on n'a pas assez d'argent', on entend le gouvernement qui dit que le contexte budgétaire est restreint sauf que ceux qui paient, c'est toujours les mêmes", a commenté l'élu socialiste Stéphane Hablot ce jeudi, pour défendre son texte.
Le député écologiste Sébastien Peytavie a quant à lui multiplié les témoignages, citant cette mère rennaise qui "réduit ses visites en pédiatrie parce que chaque venue lui coûte l'équivalent d'un repas", ou cette famille lilloise contrainte de payer 70 euros "en un seul week-end pour soutenir un proche en réanimation".
Pour limiter ces désagréments, le texte prévoit donc de rendre gratuit le stationnement dans les établissements publics de santé dotés d'un parking pour :
Les visiteurs des patients devront pour leur part bénéficier "d'au moins deux heures" de stationnement gratuit. Au-delà, le prix à la journée ne devra pas excéder 15 euros par jour et l'abonnement mensuel ne devra pas excéder 100 euros.
Le gouvernement a tenté ce jeudi d'amoindrir la portée du texte, en recentrant la proposition de loi sur les patients et leurs proches et en favorisant un principe de "limitation du coût du stationnement" avec la fixation d'un plafond, au détriment d'une "gratuité générale". "Je crains que l'application uniforme [de cette loi] ne soit trop rigide et très coûteuse", a expliqué la ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Charlotte Parmentier-Lecocq.
L'amendement du gouvernement a été repoussé, tout comme celui de La France insoumise, qui espérait instaurer une gratuité totale du stationnement, y compris pour les visiteurs.
La proposition de loi doit désormais être examinée par les sénateurs : "Il n'y a aucune victoire aujourd'hui, absolument aucune", a prudemment commenté Stéphane Hablot à l'issue de la séance. L'élu, qui "ne veut pas déstabiliser les établissements hospitaliers et leur faire peur", en a appelé au gouvernement pour "aller au Sénat et déposer des amendements" afin de permettre un consensus et une future adoption définitive de son texte.