À Limoges, l'hypothèse que la gauche récupère l'un de ses bastions historiques relève des possibles. Mais pourrait se heurter à l'incapacité des candidats Damien Maudet, investi par LFI, et Thierry Miguel, à la tête d'une alliance PS, PCF et Place publique, de s'entendre en vue du second tour.
Limoges en passe de changer de couleur politique ? A moins que l'incapacité des deux "gauches irréconciliables" à se rapprocher ne permette à la droite, malgré ses propres divisions, de conserver la ville ? A n'en pas douter, la capitale du Limousin incarne pour ces élections municipales un concentré des grands enjeux liés à la recomposition politique du pays en amont de l'élection présidentielle de 2027.
Depuis 2014, l'ancien bastion de la gauche est dirigé par un édile de droite, Émile-Roger Lombertie, qui brigue un troisième mandat. Mais il doit cette année faire face à une candidature concurrente qui émerge de son propre camp, celle de l’actuel adjoint aux finances et président de la métropole, Guillaume Guérin.
Une division qui sème les graines d'un retour de Limoges dans le giron de la gauche. Raphaël Glucksmann ne s'y est d'ailleurs pas trompé en parcourant jeudi les rues de l'ancienne "Rome du socialisme". Aux côtés du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, il est venu soutenir Thierry Miguel, qui tenait le soir-même son dernier meeting avant le premier tour. Or les deux ténors de Place publique et du PS ont tenu des propos quelque peu dissonants. Raphaël Glucksmann a ainsi appelé à "rompre définitivement avec Jean-Luc Mélenchon et LFI" et à "être clairs sur [le] refus d’alliance", quand Olivier Faure a estimé lors d'une conférence de presse que le positionnement vis-à-vis de LFI ne constituait "pas la question centrale".
Une question qui devra pourtant être tranchée tant pour l'heure, les deux listes de gauche et celle du maire sortant sont au coude-à-coude dans les sondages. Les résultats d'une étude réalisée par Cluster 17 entre le 24 et le 28 février donnent le PS et ses alliés en tête avec 24% des voix, suivis de près par le candidat LR Guillaume Guérin (23 %), puis par l'Insoumis Damien Maudet (20%). Le maire sortant divers droite, Émile-Roger Lombertie, est crédité de 11 % des suffrages, derrière le candidat du RN, Albin Freychet, à 14%.
Mais un autre sondage Ifop effectué entre le 2 et le 7 mars place cette fois Damien Maudet en tête de la gauche au deuxième tour avec 23% des suffrages et à égalité avec Guillaume Guérin. Thierry Miguel y récolte 20% des intentions de vote. Émile-Roger Lombertie arrive cette fois en quatrième position avec 15% des voix, et Albin Freychet, pour le RN, chute à 12%.
Lire aussi >> Municipales: la gauche face au casse-tête des alliances avant l’entre-deux-tours
Raphaël Glucksmann a indiqué que les neuf candidats Place publique de la liste limougeaude s'étaient engagés à se retirer dans l’hypothèse d’un rapprochement avec LFI. "Le soir du premier tour, Thierry Miguel se réunira avec ses colistiers et il décidera", a pour sa part fait valoir Olivier Faure. Le candidat LFI, Damien Maudet, a d'ores et déjà indiqué qu'il appellerait les membres de la liste de Thierry Miguel à se joindre à la sienne si elle arrivait en tête au deuxième tour.
"Alors que la gauche a une opportunité historique de reprendre Limoges, c’est le moment que choisit Raphaël Glucksmann pour venir asséner ses paroles de division", a réagi ce vendredi matin sur X le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard. Taxant cette position d'"irresponsable", il a appelé à "mettre la liste de Damien Maudet en tête à gauche pour qu’elle puisse rassembler au second tour et battre la droite". Une droite dont la capacité ou non à se rassembler pèsera elle aussi fortement dans l'équation finale.
Les listes candidates à Limoges pour les élections municipales des 15 et 22 mars :
- Émile-Roger Lombertie - Divers droite
- Guillaume Guérin - Les Républicains
- Thierry Miguel - Parti socialiste
- Damien Maudet - La France insoumise
- Albin Freychet - Rassemblement national
- Elisabeth Faucon - Lutte ouvrière
- Vincent Léonie - Centre
- Marie de Ferluc - Un nouveau printemps pour Limoges