A peine élus ou réélus, certains maires font voter à leur conseil municipal une hausse de leurs indemnités, provoquant débats et polémiques. Dans certains cas, cette évolution s'explique par la revalorisation du point d'indice.
Sur les réseaux sociaux, dans la presse régionale et nationale, les posts et articles fleurissent sur les indemnités des maires. Quelques semaines après les municipales, des édiles fraîchement installés font voter à leur conseil municipal une hausse de leurs indemnités ou de celles de leurs adjoints, provoquant les critiques de l'opposition et l'indignation d'internautes.
Dans certains cas, cette hausse est spectaculaire : à Montargis (Loiret), le maire RN Côme Dunis a fait voter une hausse de 80 % de ses indemnités, selon France 3. A Arles (Bouches-du-Rhône), Patrick de Carolis (Horizons) va toucher 25 % de plus chaque mois, d'après La Provence. A Avignon (Vaucluse), Olivier Galzi (divers droite) a augmenté de 35 % les indemnités de ses adjoints, dont fait partie sa conjointe, tout en diminuant les siennes de 14 %. A Perpignan, Louis Aliot (RN) a de nouveau revu à la hausse ses émoluments, après une première augmentation de 17 % lors de son précédent mandat.
Souvent, cette décision figure parmi les premières délibérations mises au vote par un nouveau conseil municipal. Une précipitation qui peut paraître déplacée, mais qui répond de fait à une obligation légale : la fixation des indemnités des maires et des conseillers municipaux doit intervenir au début de chaque mandat, dans les trois mois suivant l'installation de la nouvelle assemblée locale.
Les indemnités des élus locaux - le terme de "salaire" étant impropre - sont strictement encadrées par la loi, et varient selon la taille des communes : plus une commune est importante, plus le plafond maximal des indemnités est important.

Pour une petite commune de moins de 500 habitants, l'indemnité mensuelle brute est de 1 155,06 euros maximum ; pour une ville moyenne (de 20 000 à 49 999 habitants), de 3699,47 euros maximum. Dans la pratique, les maires choisissent généralement de toucher l'indemnité maximale autorisée. En outre, des majorations de ces plafonds peuvent s'appliquer dans certains cas - chef-lieu de département, destination touristique...
Le calcul des indemnités des maires, des adjoints et des conseillers municipaux repose sur l'indice brut terminal de la fonction publique, fixé à 4 110,52 euros mensuels bruts au 1er janvier 2026. Si l'indice augmente, les plafonds sont mécaniquement relevés. Or, cet indice a été revalorisé à deux reprises depuis 2020, où il était de 3 889,40 euros bruts.
A Nîmes, Vincent Bouget (PCF) touchera plus que son prédécesseur : 5 958,20 euros bruts par mois. Ces indemnités sont "exactement les mêmes qu'en 2020, à la seule exception qu'elles s'appuient sur l'évolution de l'indice des fonctionnaires", ont toutefois fait valoir les services de la mairie à Midi libre.
La procédure peut également donner lieu à des situations ambivalentes : à Roubaix, David Guiraud (LFI) a augmenté de 18 % les indemnités du maire et des adjoints. L'édile LFI touchera 475 euros bruts mensuels de plus que son prédécesseur, ont fustigé ses opposants. Sur X, l'ex-député a défendu au contraire avoir fait voter une baisse de 1 150 euros de l’indemnité allouée au maire. Sans cela, il aurait pu prétendre à l'indemnité maximale de 5 960,26 euros, a-t-il souligné.
A Paris, Sarah Knafo, ex-candidate Reconquête, a reproché à la majorité d'Emmanuel Grégoire (PS) d'avoir procédé à une "augmentation" des indemnités des élus. En réalité, il s'agissait de la reconduction d'une majoration - facultative - de 25 %, permise par la situation particulière de la capitale, à la fois chef-lieu du département et destination touristique majeure. Une majoration déja appliquée sous Anne Hidalgo, a rappelé la première adjointe, Lamia El Aaraje (PS), sur X. "Stop à votre populisme crasse." Le résultat des élections municipales a beau avoir été scellé, la bataille politique se poursuit.