Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, affirme dans une interview au Parisien qu'il est à la tête d'un "gouvernement de mission" pour sortir la France du "désordre". Il répète qu'il ne sera pas sur la ligne de départ de l'élection présidentielle.
Il souhaite le dire une bonne fois pour toutes. Dans une interview au Parisien publiée ce samedi 29 août, Sébastien Lecornu réaffirme qu'il n'est pas candidat à l'élection présidentielle de 2027, alors que la campagne bat son plein en cette rentrée. "Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise ! (...) Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle", déclare le Premier ministre, qui l'a encore une fois répété à Sens (Yonne), où il participait à la rentrée du Laboratoire de la République, organisée par l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. "J'ai déjà répondu plusieurs fois, je ne suis pas candidat à la présidentielle. (...) Vous connaissez beaucoup de Premier ministre depuis 1958 qui sont dans la situation dans laquelle je suis ?", a-t-il alors lancé.
"Le gouvernement est un gouvernement de mission, pas un gouvernement en campagne", renchérit-il dans Le Parisien, ajoutant : "Je demande donc aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver davantage l'action du gouvernement, au service de l'intérêt général."
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Forcément, alors que le projet de loi de finances doit être présenté fin septembre, puis débattu au Parlement, Sébastien Lecornu évoque le budget à venir. Une absence de budget viendrait "rajouter un désordre domestique au désordre international", ce qui "nous mettrait dans une situation gravissime" sur le plan financier. Faute de majorité et à moins de huit mois du premier tour de la présidentielle, le Premier ministre promet "un budget différent, avec des mesures, pour beaucoup, réversibles, par la nouvelle majorité qui sortira des urnes", donc "un budget de premier semestre" uniquement.
Au menu, des "mesures difficiles", mais pas "brutales". Parlant d'un "moment de vérité" à l'automne, Sébastien Lecornu a estimé, à Sens, que si aucun budget n'est voté, "la prochaine équipe (qui arrivera à Élysée), et ce quelle qu'elle soit, n'aura pas d'autre choix que de prendre des mesures brutales".
Pour ce qui est de la copie budgétaire de départ, "l'État portera l'essentiel de l’effort". "Les dépenses de l'État continueront d'augmenter, mais moins que l'inflation. Pour les collectivités locales, je proposerai que leurs dépenses de fonctionnement progressent au rythme de l'inflation : ni plus, ni moins", détaille le Premier ministre. Les dépenses sociales "seront mécaniquement au-dessus de l'inflation, notamment à cause du vieillissement de la population", ajoute-t-il.
Pas de gel du RSA ni des "petites retraites", mais la désindexation des plus fortes pensions par rapport à l'inflation est "sur la table" des discussions politiques. Ainsi que les "abus" des arrêts maladie, sur lesquels il veut "lancer une vraie réforme avec les partenaires sociaux". Quant au déremboursement de certains médicaments, il veut "poser la question" quand le bénéfice thérapeutique est "faible".
Sébastien Lecornu a aussi estimé que reproduire la surtaxe sur les très grandes entreprises "enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux", promettant là aussi des "discussions".
Interrogé sur une éventuelle censure du gouvernement dans le cadre du budget, le Premier ministre dit s'y "être préparé depuis le premier jour" à Matignon. "Par définition, je n'ai pas de majorité", reconnaît-il, affirmant aussi à la tribune à Sens : "Non seulement je m'y suis préparée, mais je vis avec." "Chaque jour qui passe, je fais tout pour qu’il n’y ait pas plus de désordre dans le pays. Mais si je ne suis plus Premier ministre car censuré, je reprendrai ma liberté", conclut Sébastien Lecornu.
(avec AFP)