Budget 2027: RSA, minimum vieillesse, CIR, pacte Dutreil… Ce qu'a annoncé le gouvernement

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Jean-Pierre Farandou dans l'hémicycle, le 16 avril 2026
Jean-Pierre Farandou dans l'hémicycle, le 16 avril 2026
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Vendredi 28 août 2026 à 15:42

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué ce vendredi que le Revenu de solidarité active (RSA) et l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) seraient indexés sur l'inflation dans le budget 2027, tout en laissant entendre que l'indexation ne serait par contre pas souhaitable pour l'ensemble des pensions de retraites.

Avec l'université de rentrée du Medef, où ont débattu sept des candidats à l'élection présidentielle, et la préparation du projet de loi de finances (PLF), l'économie a largement dominé la semaine politique. L'occasion pour le gouvernement de faire passer des messages concernant le budget 2027, qui doit être présenté fin septembre, avant son examen dès octobre au Parlement. LCP fait le point sur les différentes annonces.

"Nous avons fait le choix avec le Premier ministre de protéger les plus précaires. Ni le RSA (le Revenu de solidarité active, NDLR), ni le minimum vieillesse ne seront désindexés", affirme le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dans une interview au Parisien publiée ce vendredi 28 août. Ce qu'il a répété dans la matinée sur France info : "Sur les minima sociaux, le Premier ministre a arbitré, nous allons indexer (sur l'inflation) le RSA et le minimum vieillesse, ce qu'on appelle l'Aspa".

Parmi les priorités de son ministère qui seront "sacralisées" dans ce budget, le ministre a par ailleurs cité "l'apprentissage, à la fois l'aide aux entreprises pour accueillir des apprentis et le financement des organismes de formation, la jeunesse et notamment les contrats d'engagement jeune qui s'adressent à des jeunes en difficulté" via les missions locales, ainsi que les inspecteurs du travail dont le nombre "sera maintenu à quasiment 2.000 pour qu'ils puissent remplir leurs missions".

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Retraites : "Il faut remettre en question ce principe d'une indexation systématique"

Sur la question des retraites, et notamment celles des Français les plus aisés qui pourraient être, elles, désindexées, Jean-Pierre Farandou en a appelé "à la solidarité des seniors pour participer à un effort collectif pour redresser notre pays et redresser les comptes de la Sécurité sociale". "Il y a un problème économique, bien évidemment, parce que l'indexation à 100% sur l'inflation (des pensions de retraites), vous l'appliquez à 400 milliards, ça va vite", a-t-il souligné, reprenant des propos tenus avant lui par ses collègues David Amiel (Comptes publics) et Roland Lescure (Économie).

Jeudi, lors d'un débat organisé dans le cadre de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, Jean-Pierre Farandou avait dit penser qu'il "faut remettre en question ce principe d'une indexation systématique (des retraites) qui est très coûteuse, encore plus en phase d'inflation élevée", ajoutant que "le système" n'avait pas "les moyens de supporter cela".

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Le CIR, "on n'y touchera pas, je m'y engage"

Roland Lescure a également fait quelques annonces jeudi alors qu'il s'exprimait aussi à la rentrée du Medef. Il a promis que ni le crédit d'impôt recherche (CIR) ni le pacte Dutreil ne seraient touchés dans le projet de loi de finances pour 2027. Le CIR "fait partie des atouts de la France", a déclaré Roland Lescure, et "on n'y touchera pas, je m'y engage". Et ce, "pour faire que la France reste le pays le plus attractif d'Europe". Quant à "l'enjeu majeur" de transmission des entreprises, qui vont se multiplier dans la prochaine décennie, le ministre a assuré que le pacte Dutreil, qui permet un fort abattement dans le cadre des transmissions familiales, "on n'y touchera" pas non plus "dans le PLF que nous déposerons". Ces dispositifs sont régulièrement attaqués par la gauche, qui y relève des effets d'aubaine.

Ces promesses devraient compenser en partie la poursuite, pour la troisième année consécutive, de la surtaxe d'impôt sur les sociétés qui ne devait durer qu'un an, et touche les entreprises ayant plus d'1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et rapporte quelque 7 milliards d'euros. "J'aimerais pouvoir la baisser (dans le budget 2027, NDLR). Je vais tout faire pour qu'on puisse au moins la baisser", a toutefois noté Roland Lescure. "Ce n'est pas facile", avait-il concédé il y a quelques jours.

Le projet de loi de finances à venir a vocation à être débattu à l'Assemblée nationale, et donc amendé – c'est "une copie de départ", selon les mots de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon Sauf à ce que l'exécutif fasse le choix d'entrer de jeu d'un recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet une adoption sans vote, mais avec une possible censure. Une ligne que ne semble pas défendre Sébastien Lecornu "Nous prendrons donc le temps nécessaire au débat, à la confrontation des choix et à la recherche de compromis", a écrit le Premier ministre la semaine dernière dans une lettre aux parlementaires.

(avec AFP)