La révision à la baisse de la croissance française est "le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu", a déclaré ce vendredi le ministre de l'Économie, Roland Lescure, aux Universités d'été de l'économie de demain.
Les chiffres sont tombés. Le produit intérieur brut (PIB) français est resté stable au deuxième trimestre, avec une croissance nulle (+0,0%), a annoncé ce vendredi 28 août l'Insee, qui a revu à la baisse sa première estimation qui mesurait alors une croissance de 0,2% entre avril et juin. L'Institut a également révisé ses chiffres pour le premier trimestre, avec désormais un PIB en recul de 0,2% (contre 0,1% initialement). Cela "s’explique par la prise en compte de la situation encore plus dégradée de la production agricole par rapport aux informations disponibles fin juillet, ainsi que des prix dans les services marchands qui n’étaient pas intégralement connus fin juillet et qui se sont avérés plus dynamiques qu'anticipés, en particulier dans les services de transports", a précisé l'Insee dans un communiqué.
"C'est le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu", avec des épisodes caniculaires à répétition, des incendies et des tempêtes, a réagi le ministre de l'Économie, Roland Lescure, aux Universités d'été de l'économie de demain, ce vendredi. "Les récoltes vont sans doute être extrêmement difficiles dans un certain nombre de secteurs, dans un certain nombre de régions", et "intégrant cette information, l'Insee a révisé à la baisse la croissance sur le premier trimestre, deuxième trimestre, et ça aura aussi un impact sur le troisième", a-t-il expliqué, lors de cet événement organisé par Impact France.
L'impact macroéconomique de ces canicules à répétition et de la sécheresse – "qu'on est en train de découvrir" et qui est "absolument terrifiant, énorme" – sera "intégr(é)" dans les prévisions économiques de Bercy pour le prochain budget, a aussi indiqué Roland Lescure, alors que le gouvernement travaille actuellement sur le projet de loi de finances qui doit être présenté fin septembre, puis débattu à partir d'octobre au Parlement. C'est un "wake up call (un signal d'alarme NDLR) pour ceux qui n'étaient pas encore réveillés", estime le ministre, qui juge qu'il faut "continuer à lutter contre le dérèglement climatique" et "s'adapter à ce qu'il se passe parce que finalement le dérèglement est déjà là".
Lors d'une déclaration à la presse, Roland Lescure a par ailleurs confirmé que l'engagement du gouvernement de ramener le déficit public à 5% allait être "difficile" à tenir, notant notamment que les "recettes ne sont pas au rendez-vous". Il s'est ensuite réjoui que l'économie soit "au cœur de la rentrée politique", alors que le budget et la dette ont été au centre des échanges de la semaine entre les candidats à l'élection présidentielle, qui en ont débattu à la rentrée du Medef jeudi.
(avec AFP)