Si l'élection présidentielle de 2027 devait donner lieu à un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise, l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne ne voterait "ni pour l'un, ni pour l'autre", a-t-elle déclaré ce mercredi 10 juin. Pour l'heure, la députée du Calvados appelle son camp politique à la "responsabilité", afin d'éviter une telle situation.
"Tout faire pour éviter cette hypothèse." Lors d'une conférence de presse organisée par l'Association des journalistes parlementaires ce mercredi à l'Assemblée nationale, l'ex-Première ministre, Élisabeth Borne, a été interrogée sur le choix qu'elle ferait en cas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ou Jordan Bardella, au second tour de l'élection présidentielle de l'année prochaine. Un cas de figure que la députée du Calvados préfèrerait évidemment éviter.
"Je ne voterai ni pour l'un ni pour l'autre", a-t-elle cependant clairement répondu, jugeant qu'un tel scénario serait "particulièrement grave pour notre pays". "Il faut mesurer ce que ça veut dire pour la France, ce que ça voudrait dire pour l'Europe. C'est le début du détricotage. Je ne vois pas comment on peut poursuivre le projet pour l'Europe dans une telle hypothèse, où la France aurait un gouvernement d'extrême droite et une principale force d'opposition qui serait d'extrême gauche", a poursuivi la première cheffe du gouvernement du second quinquennat d'Emmanuel Macron.
J'espère que chacun a bien en tête l'importance de sa responsabilité. Élisabeth Borne, députée et ancienne Première ministre
Alors que deux autres anciens locataires de Matignon, Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance), se sont lancés dans la course à l'Élysée sans qu'un éventuel mode de départage n'ait été fixé à ce stade, ce qui pourrait condamner le bloc central à une élimination dès le premier tour, Élisabeth Borne a envoyé un message à ceux qui portent des " ambitions individuelles". D'autant que s'ajoute aussi, dans l'espace de la droite et du centre, la candidature de l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau (Les Républicains).
"Cela appelle un peu de gravité, cette situation. Quand on a une multipication de candidatures entre les extrêmes... Il faut que chaque candidat ait en tête que si on n'arrive pas à se rassembler, le risque, c'est celui d'un deuxième tour entre le RN et LFI", a-t-elle alerté. "Tous ceux qui sont candidats doivent quand même mesurer la responsabilité qu'ils auront devant l'histoire", a martelé Élisabeth Borne, qui plaide pour un rassemblement de "la gauche réformiste" et de "la droite modérée".