Député depuis 2012, Florent Boudié (Ensemble pour la République) va quitter l'Assemblée nationale dans les prochains jours en raison du prolongement d'une mission gouvernementale. Selon les informations de LCP, plusieurs députés du parti présidentiel sont sur la ligne de départ pour lui succéder à la tête de la commission des lois du Palais-Bourbon, qu'il occupe depuis juillet 2024.
L'Assemblée nationale va perdre une personnalité influente. Florent Boudié (Ensemble pour la République) va quitter son mandat de député le 19 juillet. Sa mission sur les messageries chiffrées, dont il a été chargé par le gouvernement, a été prolongée au-delà du 18 juillet, dépassant la limite de six mois durant laquelle des parlementaires peuvent exercer une mission gouvernementale.
L'élu de Gironde laissera donc mécaniquement sa place à sa suppléante, Marie-Sophie Bernardeau, maire adjointe de Libourne. C'est en effet ce qui est prévu dans ce cas de figure pour remplacer un député et non élection législative partielle, qui aurait pu s'avérer périlleuse pour le camp gouvernemental. Lors des dernières législatives en 2024, Florent Boudié s'était imposé avec un score relativement serré (52,17% contre 47,83%) face à la candidate du Rassemblement national.
Personnalité discrète, s'exposant très peu médiatiquement, Florent Boudié n'en est pas moins une figure stratégique du Palais-Bourbon, puisqu'il préside depuis dans la prestigieuse et stratégique commission des lois, compétente en matière régalienne, de lois constitutionnelles, de sécurité, ou encore d'organisation judiciaire. Au sein d'une commission réputée pour ses débats parfois enflammés touchant au respect des libertés fondamentales, le député girondin, d'un naturel flegmatique, est connu pour sa capacité à apaiser des situations tendues.
Élu à l'Assemblée nationale pour la première fois en 2012 sous l'étiquette socialiste, Florent Boudié a compté parmi les premiers députés à rejoindre Emmanuel Macron, dès 2016. Il est largement réélu en 2017, sous les couleurs d'En Marche, qui triomphe lors de ces élections, puis reconduit à deux reprises, en 2022, puis après la dissolution en 2024, avec une avance de plus en plus réduite.
Avant de prendre la présidence de la commission des lois en juillet 2024, Florent Boudié a géré plusieurs dossiers difficiles, voire brûlants, privilégiant la recherche du compromis avant l'arrivée des textes dans l'hémicycle. C'est notamment lui qui s'est occupé de l'équation complexe du projet de loi immigration en 2023, alors que le texte divisait le camp présidentiel, notamment sur le dossier de la régularisation des travailleurs sans-papiers dans certains métiers en tension.
En janvier dernier, Sébastien Lecornu a missionné Florent Boudié pour mener une réflexion sur l'accès au contenu des messageries chiffrées par les enquêteurs, une disposition sur laquelle le gouvernement s'est cassé les dents lors de l'examen du projet de loi sur le narcotrafic.
Selon les informations recueillies par LCP, les noms de trois candidats potentiels à la présidence de la commission des lois circulent, tous siégeant au sein du groupe Ensemble pour la République, présidé par Gabriel Attal. De source parlementaire, il s'agit de Vincent Caure, actuellement corapporteur du projet de loi "Ripost" ; de Laure Miller, qui a été rapporteure de la commission d'enquête TikTok, et de Jean Terlier, qui a porté la proposition de loi sur la délinquance des mineurs.
Un vote interne devrait départager les trois députés dans les prochains jours. Le candidat qui en sortira vainqueur devra ensuite être classiquement élu lors d'un scrutin qui aura lieu au sein de la commission des lois, où tous les groupes politiques sont représentés proportionnellement à leur effectif à l'Assemblée nationale. Au vu des équilibres au sein de la commission, le groupe Ensemble pour la République est plutôt confiant pour en conserver la présidence.