Sébastien Lecornu sur le 1er-Mai: "Personne n'a intérêt à balayer le dialogue social d'un revers de main"

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par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 14 avril 2026 à 16:50, mis à jour le Mardi 14 avril 2026 à 17:02

Interrogé sur son recul à propos du texte portant sur l'ouverture de certains commerces le 1er mai, le Premier ministre a plaidé, ce mardi, à l'Assemblée nationale pour le respect du "dialogue social". En outre, Sébastien Lecornu a pointé du doigt le fait que la proposition de loi aurait permis l'ouverture des "filières industrielles", et pas seulement des boulangeries artisanales. 

Sans surprise, Sébastien Lecornu a dû justifier, ce mardi 14 avril, son choix de stopper le chemin parlementaire de la proposition de loi visant à favoriser l'ouverture de certains commerces, comme les boulangeries et les fleuristes, le 1er mai. "Le gouvernement souhaite un dialogue social approfondi", avait tweeté le Premier ministre lundi soir, après la réunion convoquée entre son ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et les organisations syndicales. Interpellé lors de la séance de questions au gouvernement, il a justifié son arbitrage, qui a provoqué des vifs remous au sein de sa famille politique. 

je n'ai jamais dit que j'étais favorable à l'ouverture du travail le 1er mai pour les filières industrielles. SébASTIEN LECORNU, Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationalE. Sébastien Lecornu

"J'ai l'impression que tout le monde ne l'a pas lu ce texte [la proposition de loi, NDLR]", a déclaré Sébastien Lecornu (voir la vidéo en tête d'article), en réponse au président du groupe Horizons, Laurent Marcangeli.

"Non seulement il traite de la question des boulangeries, c'est entendu ; des fleuristes, c'est entendu. Mais [aussi d']une autre liste de commerces beaucoup plus longue", a-t-il poursuivi, citant "l'ensemble des chaînes des boulangeries industrielles". "Et moi, je suis désolé de le dire ; au nom du gouvernement, je n'ai jamais dit que j'étais favorable à l'ouverture du travail le 1er mai pour les filières industrielles", a insisté le Premier ministre.

Lecornu critique l'attitude de La France insoumise

Sur le fond, le chef du gouvernement a également tenu à rappeler que les syndicats dans leur ensemble l'avait saisi sur le sujet, en lui envoyant un courrier ce dimanche. "Est-ce que quand toutes les organisations syndicales du pays vous écrivent, il faut les envoyer promener ou les écouter ?", a-t-il interrogé, en s'adressant à Laurent Marcangeli, qui a été ministre de la Fonction publique. "Ce n'est pas un [seul] syndicat qui a pris la plume", a insisté Sébastien Lecornu, pour qui "on ouvre le droit du travail avec une main tremblante". "Personne n'a intérêt à balayer le dialogue social d'un revers de main", a-t-il conclu.

Au cours de son intervention, Sébastien Lecornu a aussi dénoncé l'attitude de La France insoumise, accusée de "tentative d'obstruction quasiment systématique qui crée un malaise dans l'hémicycle".

Pour 2026, un appel "à l'intelligence collective"

Quelques minutes plus tôt, c'est la députée Nicole Dubré-Chirat (Ensemble pour la République) qui avait demandé à l'exécutif de clarifier la situation et de "préciser les mesures que le gouvernement à l'intention de prendre sur ce sujet et si des instructions seront données afin de ne pas pénaliser injustement nos artisans" à quelques jours du 1er mai 2026. 

"Le gouvernement mettra en œuvre l'ensemble des leviers à sa disposition pour garantir la sécurité et la sérénité du travail des commerces de proximité", a répondu le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dans l'hémicycle. Avant d'ajouter en appeler "à l'intelligence collective de toutes les parties prenantes". 

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