Le gouvernement a décidé de mettre en mode pause la proposition de loi qui devait favoriser l'ouverture de certains commerces, comme les boulangeries et les fleuristes, le 1er mai. Alors que l'adoption définitive du texte était envisagée pour cette semaine, la loi ne changera donc pas avant le 1er mai prochain.
L'exécutif renonce à accélérer le calendrier d'examen de la proposition de loi "visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai". Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé ce lundi soir que le gouvernement n'allait finalement pas convoquer la commission mixte paritaire (CMP) : cette réunion entre sept députés et sept sénateurs aurait dû être chargée de trouver un texte de compromis pour permettre au Parlement d'adopter le texte au plus vite, pour une application le 1er mai prochain.
Finalement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi de ne pas convoquer cette CMP : "Le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet", a expliqué Jean-Pierre Farandou, à l'issue d'une réunion avec les organisations syndicales représentatives. Le ministre du Travail a rappelé lundi que le 1er mai était "le seul jour férié, chômé et payé" et a estimé que "ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles".
Ce lundi soir, le chef de file des députés du parti présidentiel, Gabriel Attal, a critiqué sur X la reculade du gouvernement : "Je déplore évidemment cette décision qui pénalise l'ensemble des artisans boulangers et fleuristes."
La proposition de loi, à laquelle se sont vivement opposés la gauche et les syndicats, prévoyait d'autoriser le travail des salariés dans certains commerces comme les boulangeries, les pâtisseries, les primeurs, les fleuristes, les boucheries, ou encore dans des établissements culturels comme les cinémas et les théâtres.
Le rejet stratégique du texte par ses propres partisans, vendredi dernier, ouvrait la voie à une adoption rapide, après la convocation d'une commission mixte paritaire par le gouvernement. L'objectif était alors de permettre sa mise en œuvre dès le 1er mai 2026.
La décision du gouvernement de ne pas convoquer de CMP change donc la donne. "Ce 1er mai sera complètement classique", s'est félicité Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la CFDT. Le gouvernement garde néanmoins l'objectif de trouver une réponse "avant le 1er mai 2027 à l'insécurité juridique actuelle".
(Avec AFP)