"Une guerre ouverte" avec la Russie "reste ma préoccupation première", déclare le chef d'état-major des Armées

Actualité
Image
Le chef d'état-major des armées Fabien Mandon, le 9 avril 2026.
Le chef d'état-major des armées Fabien Mandon, le 9 avril 2026. LCP
par Maxence Kagni, le Jeudi 9 avril 2026 à 10:30, mis à jour le Jeudi 9 avril 2026 à 10:45

Le chef d'état-major des Armées Fabien Mandon, auditionné à l'Assemblée nationale ce jeudi 9 avril, a mis en garde contre la "menace russe" sur le continent européen en donnant des chiffres alarmants sur l'armée du pays dirigé par Vladimir Poutine.

Fabien Mandon met en garde contre "la permanence d'une menace russe sur notre continent". Le chef d'état-major des armées est auditionné, ce jeudi, par la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Devant les députés, le plus haut gradé de l'armée française a fait part de sa "préoccupation" face au développement des capacités russes.

Une "guerre ouverte" avec la Russie "reste ma préoccupation première en termes de préparation des armées", a indiqué Fabien Mandon, rappelant que le conflit ukrainien se déroulait "sur notre continent". "Quand on parle de la Russie, c'est quelque chose qui n'est absolument pas dogmatique, c'est quelque chose de renseigné", a ajouté le chef d'état-major des Armées.

Une hausse du nombre de soldats russes

Ainsi, selon Fabien Mandon, la Russie disposait en 2025 de 1,3 million de soldats : en 2030, les soldats russes devraient être 1,9 million. Pour rappel, la ministre des Armées Catherine Vautrin indiquait mercredi qu'à horizon 2030, l'armée française devrait compter 275 000 militaires d'active et personnels civils. Un chiffre auquel il faudra ajouter les 50 000 membres de la réserve opérationnelle et les 10 000 membres du futur service national volontaire.

Par ailleurs, les Russes, qui disposent aujourd'hui de 4 000 chars lourds, devraient en avoir 7 000 en 2030, tandis que les avions de combats passeront de 1200 à 1500. Fabien Mandon a également expliqué que l'on ne pouvait "plus avoir le même niveau de confiance sur le niveau d'engagement des Américains pour notre sécurité".

Le chef d'état-major des Armées, qui estime qu'"une Nation qui n'est pas forte ne pèse plus dans le débat international aujourd'hui", juge donc nécessaire d'"aller vite dans l'adaptation" des armées françaises face à "l'accélération de la dégradation de notre environnement". C'est ce que doit permettre, selon lui, l'effort budgétaire voulu par le gouvernement, qui a présenté un projet d'actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Ce texte qui sera examiné dans les prochaines semaines au Parlement prévoit d'engager 36 milliards d'euros supplémentaires sur la période.