Le député socialiste Iñaki Echaniz est parvenu à faire inscrire son tilde sur tous les documents officiels de l'Assemblée nationale, y compris sur le site Internet de l'institution. Depuis son élection en 2022, le prénom de l'élu basque était orthographié sans ce signe, utilisé dans les langues basque et bretonne, mais interdit à l'état civil.
"C'est une reconnaissance symbolique, mais importante". Député des Pyrénées-Atlantiques depuis 2022, Iñaki Echaniz (Socialistes) a obtenu que son prénom soit orthographié avec le tilde sur le "ñ" de son prénom, comme l'a dévoilé Sud Ouest ce mardi 2 juin. Ce signe diacritique, utilisé dans les langues basque et bretonne, est désormais présent sur tous les documents qui le concernent à l'Assemblée nationale, comme son badge, l'étiquette de sa place dans l'hémicycle, les documents législatifs ou sur le site Internet du Palais-Bourbon.
C'est un sujet qui peut être vu comme dérisoire par certains, mais qui relève de la reconnaissance de nos identités personnelles, et de notre identité collective. Iñaki Echaniz à LCP
Cette décision des services de l'Assemblée nationale intervient quelques semaines après les directives données par le ministère de la Justice de ne plus poursuivre les parents qui font le choix de donner un prénom comportant un tilde à leurs enfants. La Chancellerie avait justifié sa décision par sa volonté de respecter les choix individuels des personnes et de ne pas engorger inutilement les juridictions, tout en constatant que les procédures judiciaires lancées n'aboutissaient pas. C'est notamment le choix du prénom breton Fañch (François) qui avait déclenché l'ouverture de plusieurs procédures. À l'heure actuelle, le tilde est pour autant toujours officiellement interdit à l'état civil.
"Cela fait 2022, année de mon élection, que je parle de ce sujet. Après les évolutions de ces derniers mois, lors du dernier bureau, j'ai de nouveau signalé auprès de la présidente de l'Assemblée nationale que mon prénom était mal orthographié. Elle m'a dit qu'elle allait regarder attentivement tout cela", explique à LCP le député socialiste.
"Le tilde sur mon prénom n'est pas un affront. Je suis la preuve que je suis ni un séparatiste, ni un danger pour la République, que je m'évertue à représenter à l'Assemblée nationale", justifie Iñaki Echaniz, en réponse à ceux qui s'opposent à l'utilisation de signes diacritiques - comme le tilde. "La République est multiple. Ce n'est pas en pointant des territoires qu'on arrrivera à faire communauté", poursuit-il, se disant "fier d'être à la fois basque et béarnais", tout en étant élu de la nation.
"Cela interroge sur le fait qu'on ne puisse toujours pas utiliser des signes diacritiques à l'état civil", poursuit l'élu des Pyrénées-Atlantiques, qui a co-signé une proposition de loi pour faire évoluer cet état de fait. "Cela s'inscrit plus globalement en faveur de la reconnaissance de nos langues", ajoute-t-il.
Depuis plusieurs années, le nom d'un personnage de l'État est orthographié avec un tilde sur le site Internet de l'Assemblée nationale : celui de Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, régulièrement auditionné au Palais-Bourbon. En revanche, sur le site du gouvernement, son nom est orthographié de manière classique, sans sa petite vaguelette régionale.
