"Urgence économique": le patron du Medef veut savoir quel candidat à la présidentielle "est courageux"

Actualité
Image
Patrick Martin, le patron du Medef
Patrick Martin, le patron du Medef. Capture d'écran
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 26 août 2026 à 11:37

L'événement de rentrée du Medef, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), s'ouvre ce mercredi. Le Medef n'a pour l'instant pas l'intention de soutenir tel ou tel candidat, faute de connaître "la réalité et le détail des programmes", a déclaré sur France Inter son président, Patrick Martin.

Avant l'ouverture ce mercredi 26 août de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), au cours de laquelle les sept principaux candidats à  l'élection présidentielle débattront sur l'économie (ce sera jeudi à 16h45), le patron du Medef, Patrick Martin, a évité de donner son avis sur les prétendants à la course à l'Élysée. Interrogé sur France Inter sur "le danger" économique que pourrait représenter une arrivée du Rassemblement national au pouvoir, il a éludé, répondant : "Nous, on est démocrates, donc on se pliera au vote."

Le président du mouvement patronal a estimé qu'un avis était pour l'instant "très difficile à exprimer", car "on ne voit pas beaucoup de programmes précis". Au journaliste qui insistait, il a répondu plus fermement : "Je ne connais pas les programmes." "Ce qui nous intéresse c'est de savoir si les candidats  prennent en compte l'urgence économique", et "qui est courageux", a-t-il expliqué.

Dans une interview au Parisien publiée ce mercredi, il déclare également : "Nous sommes républicains et nous travaillerons avec ceux que les Français auront portés aux responsabilités, que cela nous plaise ou non : on n'a pas d'autre choix que d'être pragmatiques et de nous adapter aux circonstances."

"Finalement le job du Premier ministre, c'est de tenir"

Patrick Martin a toutefois critiqué certaines propositions. Il a ainsi considéré que si Marine Le Pen "ne s'amend(ait) pas sur le sujet des retraites, ça accentuera(it) les difficultés très graves de l'économie française", ou que la proposition de taxe sur l'héritage de Raphaël Glucksmann "ne créerait pas un euro de richesse supplémentaire en France et ferait fuir des capitaux". Il a réservé sa pique la plus acérée à la proposition de LFI, soutenue par le banquier de gauche Matthieu Pigasse, de ne pas rembourser la partie de la dette détenue par la Banque de France. "M. Pigasse, qui a fait une énorme fortune grâce à la faillite des États, songe peut-être à la même chose pour la France".

Le patron du Medef a semblé enfin mécontent, mais résigné, face à la perspective d'une troisième année d'application de la surtaxe sur l'impôt des grandes entreprises en 2027, alors qu'elle ne devait durer qu'un an. "On prend en compte le fait que le gouvernement a des marges de manœuvre incroyablement étroites et que finalement le job du Premier ministre, c'est de tenir. Cela les amène à prendre des décisions qui ne sont pas courageuses et augmentent les problèmes de l'économie française".

Lui défend notamment une augmentation de 2% de la TVA, ce qui "permet d'augmenter les salaires nets, de générer de la croissance et très rapidement 300.000 emplois”.

Tweet URL

"Bon courage à qui sera président ou présidente de la République en 2027", s'est-il enfin exclamé. Dans Le Parisien, Patrick Martin estime que "l'élection présidentielle sera un point de bascule" et que ce sera soit "le sursaut", soit "la crise". "Si l'on prend les mauvaises options, si l'on n'a pas le courage de la lucidité et de la décision, tout peut se précipiter", conclut-il, comme dans une mise en garde.

(avec AFP)