Face à la crise énergétique liée à la guerre en Iran, le Premier ministre a pris la parole, ce vendredi 10 avril en fin de journée, pour dévoiler une série de mesures visant à accélérer l'effort d'électrification, notamment en matière de véhicules et de logements. Objectif : rendre la France plus souveraine, et donc plus résiliente face aux désordres mondiaux.
"Un pays n'est réellement libre, que s'il est capable de tenir quand le monde vacille". Ce vendredi, le Premier ministres, Sébastien Lecornu, a formulé une nécessité : l'indépendance énergétique de la France, portée "l'électrification des usages".
"Tant que nous serons dépendants du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer pour les guerres des autres", a martelé Sébastien Lecornu, déplorant que "60% de notre part d'énergie reste d'origine fossile". "L'énergie n'est pas seulement un marché, c'est un enjeu de sécurité nationale, un rapport de force. Quand nous importons du pétrole ou du du gaz, nous importons en même temps les crises des autres", a estimé le Premier ministre.
Disant la nécessité d'"électrifier la France pour la rendre plus indépendante", il a indiqué que le soutien à cette électrification serait "multiplié par d'eux d'ici à 2030, passant de 5,5 milliards d'euros à 10 milliards d'euros par an". Et d'afficher deux priorités pour ce "changement d'échelle" : le chauffage et le secteur automobile.
Le locataire de Matignon a ainsi annoncé l'installation d'un million de pompes à chaleur d'ici à 2030, et souligné que les logements sociaux devraient en être les premiers bénéficiaires. Les chaudières à gaz seront interdites dès la fin de l'année dans les logements neufs. Sébastien Lecornu a également annoncé une expérimentation "zéro gaz" au sein de cent territoires.
Nous allons faire du chauffage électrique la norme là où il est encore l'exception. Sébastien Lecornu
Sur les transports, le Premier ministre souhaite que deux voitures neuves sur trois soient électriques d'ici à 2030. Mesure dont il a estimé qu'elle constituerait "un gain de pouvoir d'achat", rappelant que "faire 100 kilomètres en véhicule électrique coûte entre deux et trois euros, contre onze euros avec du diesel". La production de véhicules électriques devra aussi augmenter de 400 000 voitures par an dès 2027, et jusqu'à un million en 2030.
Afin de rendre ces voitures accessibles, le dispositif de leasing social sera renforcé avec 50 000 véhicules supplementaires dès le mois de juin. Une mesure ciblera les "les aides à domicile, les aides-soignantes, les infirmières, les artisans et plus globalement tous les salariés ou agents publics de notre pays", qui pourront bénéficier de 50 000 véhicules électriques supplémentaires subventionnés dès cette année.
Au-delà des mesures structurelles, Sébastien Lecornu a exigé de la part des distributeurs une baisse rapide des prix des carburants au regard de ce qu'il a qualifié d'"accalmie" sur le front géopolitique. "Quand les cours des carburants baissent, les prix doivent aussi baisser en station aussi vite qu'ils ont augmenté", a-t-il aussi estimé. Il a en revanche réitéré son refus de mettre en place "des dispositifs trop généraux, trop coûteux qui créent des effets d'aubaine", fermant la porte à un blocage des prix réclamé par certaines oppositions.