Carburants: le gouvernement "absolument pas défavorable" à une taxation européenne des surprofits énergétiques

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Maud Bregeon
Maud Bregeon lors de la séance des Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 7 avril 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mardi 7 avril 2026 à 18:18

La ministre de l’Energie,  Maud Bregeon, a déclaré ce mardi 7 avril que la France n'était "absolument pas défavorable" à l'idée de taxer les surprofits des grands groupes dans le contexte actuel de crise énergétique. La porte-parole du gouvernement a précisé que Sébastien Lecornu avait demandé aux ministres concernés "d'instruire cette proposition".

"Un milliard de superprofits pour TotalEnergies pour ce seul mois de mars". C'est ce qu'a dénoncé la députée Marie Pochon (Ecologiste et social) lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, ce mardi, accusant le gouvernement de "préserver [les] intérêts [des grands groupes] plutôt que ceux des Français". Un peu plus tôt, Damien Maudet (La France insoumise) avait appelé à "bloquer les prix en prenant sur les superprofits", tandis que Thierry Sother (Socialistes) avait plaidé "pour que les bénéfices des compagnies pétrolières ne se paient plus par le recul du pouvoir de vivre des Français".

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Cinq pays européens réclament une taxation exceptionnelle

"Déjà cinq Etats, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Portugal, l'Autriche demandent la mise en place d'une taxation européenne des surprofits énergétiques pour financer des aides aux consommateurs", a souligné Thierry Sother. Dans une lettre datée du 3 avril, les ministres des Finances de ces pays ont en effet appelé la Commission européenne à réactiver ce mécanisme de solidarité à l’échelle de l’Union, alors que certains grands groupes dégagent des bénéfices exceptionnels en raison de la hausse des cours du pétrole. Une mesure qui a déjà connu un précédent puisqu'en en 2022, une telle taxe avait été instaurée par l’Union européenne après la flambée inflationniste engendrée par la guerre en Ukraine.

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Si Paris n'a pas contribué à la tribune citée plus haut, le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, a sollicité la Commission pour ouvrir une enquête sur les marges des raffineries européennes. Maud Bregeon a, quant à elle, indiqué ce mardi que la France n'avait en aucun cas "fermé la porte" à une éventuelle taxe européenne sur les surprofits. "Nous n'y sommes absolument pas défavorables", a-t-elle aussi déclaré. Et de poursuivre : "le Premier ministre a demandé à l'ensemble des ministres concernés d'instruire cette proposition, c'est actuellement à l'étude".

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La ministre déléguée à l’Energie et porte-parole du gouvernement a, par ailleurs, confirmé qu'au regard des difficultés de certaines professions, "le Premier ministre [aurait] l'occasion d'annoncer un dispositif de soutien supplémentaire dans les jours à venir". Fin mars, le gouvernement avait dévoilé un arsenal de mesures ciblées et limitées dans le temps, afin de soutenir les secteurs d'activité les plus touchés par la crise énergétique, pour un coût total estimé d'environ 70 millions d'euros.