Le député Paul Vannier (La France insoumise) vient de déposer une proposition de loi visant à "supprimer les séquences d'observation obligatoires de seconde et à réformer celles de troisième". Un texte soutenu par Arnaud Darthenay, qui a perdu son fils de 16 ans en juin 2025 dans le cadre d'un stage de ce type.
"Axel ne travaillait pas, Axel venait d'avoir 16 ans." Il est mort le 17 juin 2025, renversé par une palette de marchandises au deuxième jour de son stage d'observation de seconde, qu'il effectuait dans un magasin de Saint-Lô (Manche). Ce mercredi après-midi, le père de ce lycéen est venu témoigner dans une salle de l'Assemblée nationale.
Devant lui, une photo de son fils. A ses côtés, le député Paul Vannier, auteur d'une proposition de loi, signée par l'ensemble du groupe de La France insoumise et tout juste déposée, visant à "supprimer les séquences d'observation obligatoires de seconde et à réformer celles de troisième", et son collègue eurodéputé Anthony Smith.
A quelques jours de la fin de l'année scolaire, et donc de nouveaux stages en entreprises, Paul Vannier a dit craindre "que de nouveaux drames, accidents terribles, ne se produisent", car "nous constatons qu'en dépit des alarmes passées, de ces constats tragiques, rien est fait". "Nous sortons d'une année terrible, d'une année noire", où "cinq enfants sont morts en 2025 dans le cadre de stages obligatoires".
La proposition de loi entend donc "interdire" le stage d'observation obligatoire de deux semaines instauré en fin de classe de seconde en juin 2024 par la Première ministre Elisabeth Borne et le ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal. "[Cela arrive] après les moments décisifs en termes de choix d'orientation, donc sans aucune visée éducative ou finalité pédagogique, pour régler un problème : celui de ne savoir que faire d'élèves à un moment où les établissements sont désorganisés par l'organisation des examens du baccalauréat", a critiqué Paul Vannier lors de la conférence de presse, en dénonçant un "choix de gestion".
Pour la classe de troisième, il s'agirait de remplacer le stage obligatoire par "une semaine de découverte du monde professionnel, organisée par l'établissement scolaire". Avec, par exemple, des rencontres avec des acteurs de différents métiers ou des visites d'entreprise en groupes. Il serait aussi possible pour les collégiens d'effectuer un stage "à titre volontaire" dans le cadre d'une "convention nationale type".
Face aux journalistes, Arnaud Darthenay a expliqué avoir lancé une pétition à l'automne et contacté l'ensemble des députés de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale. "On a eu extrêmement peu de réponses. Sur 90 députés contactés, six nous ont répondu", a-t-il regretté. Avant d'ajouter : "Ça peut arriver à toutes les familles. On ne comprend pas pour quelles raisons d'autres partis politiques ne veulent pas se lancer dans cette bataille, à vouloir faire évoluer les choses et sauver des vies."
Reste à ce que cette proposition de loi soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Paul Vannier voit deux possibilités : l'inscription, à la rentrée, en semaine transpartisane – le texte sera ouvert aux signatures d'autres groupes, à l'exception de l'extrême droite – si la conférence des présidents le valide ; ou dans le cadre de la prochaine niche parlementaire de La France insoumise.
(vidéo réalisée par Maël Morin)