À LA UNE / Bétharram : la loi pour briser le silence
Désireux de briser le « climat d'omerta », les députés Violette Spillebout (Ensemble pour la République) et Paul Vannier (LFI) ont déposé, mercredi 28 janvier 2026, une proposition de loi contre les violences et agressions sexuelles en milieu scolaire. Un texte qui arrive six mois après la fin de la commission d'enquête parlementaire dédiée à Bétharram, laquelle avait notamment conclu à un « défaut d'action » de l'ex-Premier ministre François Bayrou. La proposition de loi reprend une trentaine des recommandations du rapport publié en juillet par les députés. Outre la prévention des violences et le contrôle des établissements scolaires, la PPL ambitionne une forme de « reconnaissance solennelle par la Nation » des violences subies par les victimes, notamment via la création d'un fonds d'indemnisation contrôlé par l'Etat. La proposition a été reprise par le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, qui annonce également la création d'un poste de « défenseur des droits des enfants. « La proposition de loi va dans le bon sens et rappelle des choses fondamentales et pas encore appliquées », juge également Alain Esquerre, lanceur d'alerte à Bétharram. Cette nouvelle loi sera-t-elle suffisante pour mettre fin au fléau des violences scolaires ?
Invités :
Paul Vannier, député « La France Insoumise » du Val-d'Oise
Clémence Badault, journaliste, co-autrice de « Le silence de Bétharram »
Wilfried Hulot, membre du collectif des victimes de Notre-Dame de Bétharram
Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP
« Le mot du jour » : OMERTA par Mariette Darrigrand
LA QUESTION QUI FÂCHE / Laits infantiles contaminés : à qui la faute ?
Depuis le 5 janvier 2026, un grand nombre de lots de laits infantiles des marques Nestlé, Lactalis, Danone sont retirés des points de vente et rappelés, car impropres à la consommation. Ils sont suspectés d'être contaminés par une bactérie dangereuse, la toxine céréulide, pouvant provoquer des troubles digestifs sévères et soupçonnée d'être à l'origine de la mort de deux nourrissons à Angers et à Pessac. Jeudi 28 janvier, l'association européenne de consommateurs « Foodwatch » aux côtés de huit familles a porté plainte, accusant les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps dans cette affaire. Selon les plaignants, les fabricants de laits infantiles ont tardé à rappeler les lots suspects. L'association dénonce « des faits particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois », souligne-t-elle dans un communiqué. Si des enquêtes sont en cours, certains éléments semblent indiquer que Nestlé, le premier fabricant concerné, avait été informé du risque de contamination dès le mois de décembre, soit plusieurs semaines avant le premier rappel de produits. Pendant ce temps, les lots de lait infantile suspects « ont été vendus dans le monde entier » et ont « exposé les bébés à un risque pour leur santé », ajoute « Foodwatch ». Comment expliquer un tel manque de réactivité dans la gestion de cette crise sanitaire ?
Invités :
Sabrina Sebaihi, députée écologiste des Hauts-de-Seine
Olivia Detroyat, journaliste au « Figaro »
Karine Jacquemart, directrice générale de « Foodwatch », autrice de « Les dangers de notre alimentation » (Payot)
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.