Après l'adoption du projet de loi de finances 2026 par 49.3, la contre-offensive des patrons s'organise pour dénoncer un budget qui, selon eux, marque la fin de la politique de l'offre de la dernière décennie. Deux mille cinq cents patrons se sont rassemblés sous la bannière du slogan « trop, c'est trop » contre un alourdissement de la fiscalité sur les entreprises. « On ne veut plus rester planqués dans nos tranchées à attendre de prendre des coups par des politiques qui considèrent les entreprises comme une variable d'ajustement que l'on peut ponctionner quand on en a besoin pour combler un déficit abyssal », explique Éric Mauny, président du groupe d'assurance April et cofondateur du mouvement. De son côté Patrick Martin, le président du Medef, s'oppose à la surtaxe sur les grandes entreprises reconduite en 2026 qui s'appliquera sur les 300 plus grandes entreprises hexagonales. Il a également tenté d'inclure dans les débats l'instauration d'un « CDI jeune », soit un contrat pouvant être rompu à tout moment par l'employé sur une période trois ans. La proposition étant écartée par Sébastien Lecornu, le Medef a décidé de boycotter la grande conférence sociale lancée par Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités. Pourquoi les patrons affirment-ils « trop, c'est trop ! » ?
Invités :
- Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint de l'OFCE,
- Philippe Coy, porte-parole et vice-président de la CPME en charge du commerce,
- Michel Picon, président de l'U2P,
- En visioconférence : Sophie de Menthon, Présidente du mouvement patronal « Ethic ».
« Le chiffre du jour » par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / Faut-il ouvrir le droit de vote aux étrangers ?
Les députés écologistes ont inscrit neuf propositions de loi au programme de leur journée d'initiative parlementaire du 12 février 2026. Parmi elles : la généralisation du droit de vote des étrangers aux élections municipales. Si ce scrutin local est actuellement ouvert aux citoyens européens, ce n'est pas le cas pour les résidents extra-communautaires. Aujourd'hui portée par la députée parisienne Léa Balage El Mariky, cette proposition de loi constitutionnelle a commencé son parcours législatif il y a 26 ans. Défendu par Noël Mamère en 1999, voté au Sénat, puis renvoyé en deuxième lecture au Palais Bourbon, le texte n'avait pas été reprogrammé à l'ordre du jour. Léa Balage El Mariky dit mener un « travail de conviction » affirmant que le droit de vote des étrangers aux élections locales est aujourd'hui autorisé par onze pays de l'UE, avec des effets positifs sur le vote des jeunes. En outre, tous les étrangers peuvent déjà participer aux élections professionnelles et syndicales. Néanmoins, pour être adopté, le texte doit être ratifié dans les mêmes termes que ceux de la version du Sénat. En cas d'adoption définitive au Parlement, la proposition de révision constitutionnelle doit être approuvée par la voie d'un référendum, ce qui serait inédit sous la Ve République. Quels sont les enjeux démocratiques derrière cette proposition de loi ?
Invités :
- Léa Balage El Mariky, députée écologiste de Paris,
- François Cormier-Bouligeon, député « Ensemble Pour la République » du Cher,
- Brice Soccol, politologue, co-auteur de « L'écharpe et les tempêtes » (éditions de l'Aube).