Lundi 5 janvier, les médecins de ville, spécialistes libéraux, cliniques privées et jeunes praticiens se sont engagés dans une mobilisation d'ampleur devant durer à minima 10 jours. Plus de 14 500 professionnels se sont déjà déclarés grévistes, selon le syndicat Jeunes Médecins Ile-de-France. Fait rare, toutes les générations de praticiens et syndicats font front commun pour dénoncer diverses mesures du budget de la Sécurité sociale de 2026, adopté le 16 décembre à l'Assemblée nationale. Ce dernier prévoit une limitation de la progression des dépenses d'assurance maladie à 1,6 %, contre 3,4 % en 2025, pour un total de 270,4 milliards d'euros, un niveau jugé insuffisant face à l'augmentation naturelle des besoins de santé, notamment liée au vieillissement de la population. Ces mesures visent à réduire les dépenses dans le champ de la santé de 7,1 milliards d'euros afin de réduire le déficit de la branche maladie à 4,7 milliards d'euros. Parmi les griefs dénoncés par les syndicats : un contrôle accru des prescriptions d'arrêt de travail et des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes et la restriction de la liberté d'installation, objet de textes en cours d'examen au Parlement. Si certaines concessions ont été obtenues depuis l'annonce de la grève le 26 novembre, les organisations professionnelles les jugent insuffisantes. Dans un communiqué commun, syndicats de médecins libéraux, internes et jeunes praticiens dénoncent « une accumulation d'attaques sans précédent » contre la médecine libérale. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, défend pour sa part la nécessité de réguler les dépassements d'honoraires, invoquant le renoncement aux soins pour des raisons financières, tout en affirmant vouloir « renouer le dialogue » et ouvrir un chantier sur les modes de rémunération des médecins. La médecine libérale est-elle en train de basculer dans un bras de fer durable avec l'État ?
Invités :
- Nathalie Coutinet, économiste de la santé en poste à l'université Sorbonne Paris Nord
- Yannick Neuder, député « droite républicaine » de l'Isère, ancien ministre de la Santé
- Docteur Valérie Briole, rhumatologue, vice-présidente du syndicat de l'Union Française pour une Médecine Libre (UFMLS)
Chroniques :
« Le chiffre du jour » : 15 milliards, alerte sur le coût des arrêts maladie par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » : Groenland, l'agneau de Trump ? par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / La France a-t-elle toujours une place dans le nouvel ordre mondial ?
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, le président Donald Trump a mené une opération militaire d'envergure avec la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro. Donald Trump accuse Nicolas Maduro d'être à la tête d'un vaste réseau de narcotrafic, ce que l'intéressé dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s'emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète. Neuf heures après l'intervention américaine, le Président de la République française écrivait sur X : « Le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s'en réjouir ». En se concentrant sur les enjeux de « la transition à venir », Emmanuel Macron a suscité la polémique.
Invités :
- Frédéric Petit, député « Les démocrates » des Français établis hors de France
- Davy Rimane, député « Gauche Démocrate et Républicaine » de Guyane
- Dominique Simonnet, journaliste