Alors qu'elle devait être auditionnée en fin d'après-midi, ce mardi 3 mars, par les députés de la commission d'enquête sur le cambriolage du Louvre, Laurence des Cars, a produit un certificat médical pour justifier son absence. L'ex-présidente du musée, qui a démissionné il y a six jours, sera reconvoquée prochainement.
Viendra ? Viendra... pas ? Laurence des Cars, l'ancienne présidente-directrice du musée Louvre, devait être auditionnée ce mardi 3 mars, à 18 heures, par les députés de la commission d'enquête sur "la protection du patrimoine national et la sécurisation des musées". Mais quelques heures avant cette audition, elle a finalement prévenu les élus de son absence pour raisons médicales, a appris LCP de sources parlementaires concordantes.
Ce matin encore, l'entourage de Laurence des Cars avait pourtant confirmé sa venue devant la commission d'enquête. Sauf qu'en début d'après-midi, les députés ont finalement reçu un certificat médical d'indisponibilité. C'est la deuxième fois que l'audition de l'ex-patronne du Louvre est reportée. Initialement, elle devait en effet être entendue le 25 février, mais ayant présenté sa démission la veille, les députés avaient accepté de repousser son audition à ce mardi.
Vendredi dernier, le 27 février, Laurence des Cars avait à nouveau demandé à décaler sa venue devant la commission pour des raisons d'agenda, faisant notamment valoir l'absence de ses anciennes équipes, ainsi qu'un dîner important de mécènes du Louvre. Mais cette fois, sa demande avait été rejetée.
Outre ce nouveau contretemps, l'entourage du président de la commission d'enquête, Alexandre Portier (Droite républicaine), déplore la teneur de l'interview accordée par Laurence des Cars au Figaro au lendemain de sa démission, jugeant qu'elle semble y remettre en cause la neutralité de la commission d'enquête. La présence de l'ex-présidente du Louvre au 20h de France 2, le jour prévu de son audition initiale, a également froissé les députés. "Faire le choix de la communication plutôt que la représentation nationale est une attitude troublante", a pointé sur X le rapporteur, Alexis Corbière (Ecologiste et social), ce mardi 3 mars.
La commission d'enquête n'apporte sans doute pas toute la sérénité nécessaire. L'équité appelle d'instruire à charge comme à décharge. Laurence des Cars dans une interview au Figaro, le 25 février
Les députés, qui souhaitent toujours entendre Laurence des Cars du musée, la reconvoqueront dans les toutes prochaines semaines. Pour rappel, une personne convoquée par une commission d'enquête est tenue de s'y rendre, selon une ordonnance de 1958. Le refus de comparaître est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.
La commission d'enquête sur le cambriolage du Louvre souhaite entendre Laurence des Cars sur les multiples "défaillances systémiques" mises en lumière depuis le spectaculaire vol des joyaux de la Couronne de France, le 19 octobre dernier, ainsi que sur la forme "d'hyperprésidence" endémique au Louvre. Fragilisée par le casse, contestée en interne par un mouvement de grève, Laurence des Cars a fini par remettre sa démission au président de la République qui l'avait acceptée en saluant "un acte de responsabilité". Emmanuel Macron lui a depuis confié une "mission dans le cadre de la présidence française du G7 sur la coopération entre les grands musées des pays concernés".