La cheffe de file du RN à l'Assemblée nationale a demandé, ce mardi 9 juin, une "vraie introspection dans le fonctionnement de la justice", face aux dysfonctionnements dénoncés dans le cadre de l'affaire Lyhanna. Marine Le Pen fustige une "longue dérive" de la justice s'expliquant notamment, selon elle, par des raisons "idéologiques".
Depuis l'Assemblée nationale, Marine Le Pen a réagi à l'affaire Lyhanna, la collégienne de 11 ans tuée dans le Gers, fustigeant une "longue dérive" dans le fonctionnement de la justice en général et un "problème de conception de la protection de l'enfance" en particulier. Selon elle, les dysfonctionnements dans le travail de la justice s'expliquent par "des causes qui sont en partie idéologiques".
On arrive au bout de dix ans de gouvernements d'Emmanuel Macron avec l'intégralité des secteurs qui se sont effondrés. Marine Le Pen, présidente des députés RAssemblement national
"Le fait de penser la réinsertion comme une priorité de la justice fait que la protection de la société n'a plus été une priorité", a estimé la patronne des députés du Rassemblement national. Avant de critiquer le "déni sur l'aggravation spectaculaire de la délinquance et de la criminalité dans notre pays", qui explique l'absence de moyens pour y répondre. "Ce sont encore une fois des facteurs qui se cumulent et qui aboutissent au drame", a considéré la triple candidate à l'élection présidentielle. Et de vilipender une forme de "nonchalance" dans la protection de l'enfance, évoquant pour preuve l'affaire du périscolaire à Paris.
Revenant sur les moyens de la justice, la députée du Pas-de-Calais a estimé que "les magistrats et les auxiliaires de justice croulent tellement sous le nombre des plaintes que le plaignant devient un gêneur". Or, "le responsable de l'embolie, c'est le criminel ou le délinquant, pas le plaignant", a-t-elle ajouté. Tout en questionnant la politique du parquet d'Auch, qui a, selon elle, priorisé cet hiver des procédures visant des agriculteurs sur fond de manifestations contre le Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire bovine. "Alors que l'affaire de Monsieur Barella, [suspecté d'avoir tué Lyhanna], avec ses antécédents très lourds, est restée dans le tiroir."
Interrogée sur la gestion de l'affaire par le gouvernement, Marine Le Pen a fait savoir qu'elle soutiendra les mesures aditionnelles au projet de loi sur la protection des enfants annoncées par Sébastien Lecornu, tout comme la proposition de loi intégrale visant à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Mais elle a fait part de ses doutes quant à l'efficacité de ces mesures dans une affaire comme celle qui a conduit à la mort de la jeune Lyhanna.
"Ce que les Français attendent, ce ne sont pas potentiellement des lois de circonstances qui agissent à la marge des problèmes", a-t-elle estimé. Avant de conclure : "Je vois une réaction qui consiste à dire aux Français 'nous allons accélérer le vote d'une loi qui n'aurait rien changé'. Je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit très pertinent. Si on pouvait rompre un peu avec la com'..."