Algérie: Bruno Retailleau répond à Emmanuel Macron et dénonce une “capitulation” de la France

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Bruno Retailleau s'oppose à une participation au gouvernement Lecornu 2
Bruno Retailleau s'oppose à une participation au gouvernement Lecornu 2. LCP
par Maxence Kagni, le Mercredi 29 avril 2026 à 19:01

Le président des Républicains, désigné candidat à l'élection présidentielle par son parti, a adressé ce mercredi une lettre ouverte à Emmanuel Macron dans laquelle il demande davantage de "fermeté" à l'égard de l'Algérie. Le chef de l'Etat avait dénoncé lundi les "mabouls" qui veulent "se fâcher" avec le régime algérien.

Bruno Retailleau répond à Emmanuel Macron. Le président des Républicains adresse ce jeudi 29 avril une lettre ouverte au chef de l'Etat dans laquelle il dénonce la "politique de 'réconciliation' avec le gouvernement algérien" du président de la République, qu'il qualifie d'"impasse".

"Lundi dernier, vous avez qualifié de 'mabouls' les partisans d'une politique de fermeté envers le gouvernement algérien. Une fois de plus vous avez choqué", écrit Bruno Retailleau dans sa missive de deux pages publiée sur le réseau social X. Ce 27 avril, Emmanuel Macron avait ciblé "tous les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie", lors d'une visite de l'hôpital de Lavelanet, dans l'Ariège.

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Le président de la République avait évoqué le sort des praticiens diplômés hors de l'Union européenne (Padhue), des "gens remarquables" à qui l'ont fait "passer un concours pour emmerder le monde" au moment de leur titularisation. "On a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays", avait ensuite ajouté Emmanuel Macron depuis Andorre, jugeant "important de pouvoir coopérer avec des pays en ayant un dialogue exigeant, défendant nos intérêts (...) mais en étant respectueux de chacun".

L'immigration, "une charge, et parfois un drame"

Interrogé par la presse qui lui demandait s'il visait Bruno Retailleau, le président de la République avait botté en touche : "Je ne vise personne", a-t-il expliqué. "Quitte à ouvrir une polémique dont vous avez le secret, au moins auriez-vous pu avoir la franchise d'assumer que vous me mettiez en cause", répond ce mercredi Bruno Retailleau.

Le président des Républicains, qui écrit que l'immigration "est aujourd'hui une charge, et parfois un drame", accuse le chef de l'Etat de "dissimuler les vrais problèmes avec l'Algérie" en "utilisant le faux-prétexte des lourdeurs administratives que subiraient les médecins algériens" : "Cette diversion a toutes les allures d'une capitulation", affirme Bruno Retailleau, qui veut "contraindre le gouvernement algérien à reprendre ses ressortissants dangereux".

"Depuis trop longtemps, notre pays est l'otage consentant des chantages mémoriels d'un régime qui cherche à faire de notre pays le bouc émissaire de ses propres échecs", écrit encore l'ancien ministre de l'Intérieur, qui accuse notamment Emmanuel Macron d'avoir "enrayé" une politique de "riposte graduée" qu'il avait conçue lorsqu'il était ministre mais aussi de s'être "opposé" à la dénonciation des accords de 1968.

"Alors non, monsieur le président : nos compatriotes qui, dans leur immense majorité, sont favorables à une politique de fermeté envers le gouvernement algérien ne sont pas des 'mabouls', mais simplement des Français qui exigent que la France soit respectée", conclut dans sa lettre Bruno Retailleau.