Eric Ciotti veut une commission d'enquête sur le coût de l'immigration, un air de déjà-vu

Actualité
Image
Eric Ciotti, le 1er décembre 2022. LCP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 29 avril 2026 à 12:39

Le chef de file des députés UDR, Eric Ciotti, a annoncé ce mercredi que son groupe allait demander la création d'une commission d'enquête sur le coût de l'immigration en France. Une démarche similaire avait déjà été faite en juin 2025, avant d'être interrompue pour laisser la place à la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.

"Je vous annonce que notre groupe va lancer une commission d'enquête sur le coût de l’immigration", a déclaré Eric Ciotti sur CNews ce mercredi 29 avril. Après la très médiatique commission d'enquête sur l'audiovisuel public à l'initiative de son groupe, l'élu UDR souhaite remettre le couvert avec un sujet potentiellement explosif. 

Et ce n'est pas la première fois que le président du groupe Union des droites pour la République indique vouloir s'intéresser à ce sujet. En effet, en juin 2025, lui et ses collègues députés s'étaient même déjà servi de leur "droit de tirage"* pour créer une commission d'enquête similaire : une proposition de résolution avait été déposée (le texte de l'époque est ici) et cette dernière avait été jugée recevable par la commission des lois de l'Assemblée nationale le 9 juillet 2025 (on vous en avait parlé là). 

Sauf que… le groupe UDR avait décidé quelques semaines plus tard, le 9 septembre, de changer de sujet, préférant consacrer sa commission d'enquête à l'audiovisuel public, à la suite de la diffusion d'extraits d'une conversation, captée à leur insu, entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen et deux responsables du Parti socialiste. "L'UDR va créer une commission d'enquête sur la neutralité de l'audiovisuel public !", avait annoncé Eric Ciotti sur Sud Radio.

Soit le point de départ de la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public", validée le 21 octobre, qui vient tout juste de se terminer après six mois de travaux controversés, et dont le rapporteur était le député Charles Alloncle.  

C'est donc en quelque sorte un retour à la case départ pour le groupe UDR. "Il faut qu’on ait la vérité des chiffres parce que l’on nous ment depuis des années", a justifié Eric Ciotti ce mercredi, dénonçant un "coût gigantesque à plusieurs dizaines de milliards d'euros". 

Des mises en garde sur la manière de mener les travaux

Dans l'exposé des motifs du texte déposé en juin 2025, les auteurs assuraient que la commission d'enquête sur le coût de l'immigration, alors en cours de création, "ne vis[ait] pas à stigmatiser une population ou un groupe, mais à fournir une analyse factuelle et chiffrée pour nourrir un débat public informé". Six sujets étaient alors mis en avant, parmi lesquels "les dépenses directes liées à l'accueil, l’hébergement, la santé, l'éducation et l'aide sociale des immigrés" ou encore "le financement des associations d’aide aux étrangers en situation régulière et irrégulière".

Si la création de cette commission d'enquête avait été jugée recevable, plusieurs groupes parlementaires avaient mis en garde quant à la tenue future des travaux. "Je crains que le groupe UDR n'ait pas l'objectif d'éclairer le débat public et la représentation nationale avec une analyse objective des faits, mais plutôt de nourrir que l'immigration est la cause de tous les maux de la France", avait notamment déploré le rapporteur socialiste Paul Christophle. Alors député, Roland Lescure (Ensemble pour la République), devenu depuis ministre de l'Economie, avait pour sa part insisté sur la "responsabilité" qui "engage[ait]" désormais les députés UDR et qui devra les "amener à conduire une analyse fidèle, documentée et contradictoire du coût de l'immigration".

A l'époque, c'est le député UDR Charles Alloncle qui avait été désigné par ses collègues pour présider l'instance en question. "Notre objectif final ? Mettre fin à l’omerta. Établir, enfin, un coût net. Parce que face à la crise budgétaire, la transparence n’est pas une option, c’est un devoir", expliquait le député de l'Hérault à Europe 1. 

Quel rôle jouera celui qui a pris la lumière comme rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ? Il faudra attendre quelques mois pour le savoir, tout du moins officiellement. Pour utiliser ce nouveau "droit de tirage", le groupe UDR devra attendre la nouvelle session parlementaire, qui débutera à la rentrée prochaine.

* Chaque groupe parlementaire d'opposition ou minoritaire dispose, une fois par an, de ce qu'on appelle un "droit de tirage", qui lui permet de demander la création d'une commission d'enquête sur le sujet de son choix.