Audiovisuel public: dans un contre-rapport, Erwan Balanant (MoDem) étrille la "croisade idéologique" de Charles Alloncle (UDR)

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Erwan Balanant, le 15 juin 2026.
Erwan Balanant, le 15 juin 2026.
par Maxence Kagni, le Mercredi 24 juin 2026 à 15:00, mis à jour le Mercredi 24 juin 2026 à 16:52

Un peu moins de deux mois après la publication du rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, le député Erwan Balanant (MoDem) publie, ce mercredi 24 juin, son contre-rapport. Dans ce document de 70 pages, il dénonce le travail "caricatural" du rapporteur de la commission d'enquête, Charles Alloncle (UDR), qui en avait rédigé les conclusions. 

"Invectives", "attaques personnelles", "interventions biaisées"... Ce mercredi, le député Erwan Balanant (Les Démocrates) publie un contre-rapport de 70 pages dans lequel il étrille le travail du rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Charles Alloncle (Union des droites pour la République). Cette commission d'enquête, qui s'est déroulée dans des conditions souvent houleuses, a abouti à la publication des conclusions du rapporteur début mai. 

"Le groupe Démocrates, à travers [ce document], tient à combattre les contre-vérités et pallier les manquements du rapport issu de ladite commission", écrit Erwan Balanant. L'élu du Finistère s'était déjà opposé à Charles Alloncle pendant toute la durée des travaux de la commissions, ce dernier quittant la salle à chaque fois que le député MoDem posait une question, alors qu'un vif incident avait envenimé les relations entre les deux parlementaires lors d'une audition en février dernier. 

"Il cherchait à caricaturer"

Dans son contre-rapport, intitulé "l’audiovisuel public, rempart démocratique
au cœur d’une bataille culturelle et informationnelle", Erwan Balanant fustige une "commission d'enquête à charge, cheval de Troie" de la stratégie de "l'extrême droite". Selon le député du Finistère, Charles Alloncle, a - en multipliant la publication de tweets pendant les auditions - "déplacé les travaux de la commission d'enquête du cadre parlementaire vers la sphère des réseaux sociaux". 

Sans contradictoire ni échanges constructifs, les travaux ne pouvaient se dérouler dans un climat serein. Extrait du rapport d'Erwan Balanant

"Le rapporteur cherchait à émouvoir, à caricaturer, à juger et à dénoncer, plus qu’à construire des échanges, et renforcer notre modèle culturel et démocratique", estime Erwan Balanant. "La succession des questions posées sans prise en compte apparente des réponses apportées par les auditionnés a contribué à restreindre tout débat contradictoire et à limiter le traitement de fond", regrette-t-il. 

"Appauvrir le débat public"

Dans sa dénonciation d'une "croisade idéologique", le député du Finistère critique aussi la "stratégie" de Charles Alloncle qui, selon lui, "témoigne d’une certaine similitude avec le maccarthysme ou la chasse aux sorcières entre le XVe et le XVIIIe siècle". Et d'affirmer que le député du groupe présidé par Éric Ciotti a "manipulé les chiffres et les témoignages au profit de la peur et de croyances biaisées", mais aussi "construit la figure d'un ennemi commun" et s'est "érigé comme martyr" pour "asseoir sa désinformation".

Plus largement, Erwan Balanant considère que la commission d'enquête a été "au cœur d'une véritable bataille culturelle" : ses travaux ont "au moins eu le mérite de révéler les méthodes de l’extrême droite visant à appauvrir le débat public, freiner la circulation des informations et porter atteinte à la création", écrit-il. Pour lui, les attaques visant l'audiovisuel public "n’ont été que représentatives de la vision et de la considération des services publics par l’extrême droite".

L’extrême droite s’attaque à la création pour affaiblir le débat d’idées, pour promouvoir une idéologie et diviser. Extrait du rapport d'Erwan Balanant

Au-delà de ce réquisitoire contre le travail de Charles Alloncle, Erwan Balanant prend la défense d'un audiovisuel public "trop souvent considéré comme une charge pour l'État". Le député loue un "rempart contre l'individualisation", ainsi qu'un secteur qui produit "une offre adaptée à la jeunesse" et qui est aussi "vecteur de vitalité démocratique et de cohérence sociale". 

Affirmant la nécessité de protéger l'audiovisuel public, Erwan Balanant formule 26 recommandations. Il propose notamment de "stabiliser le budget alloué à l'audiovisuel public à travers une loi de programmation pluriannuelle" et de "renforcer les synergies entre France Médias Monde, TV5 Monde et l'ensemble de l'audiovisuel public". Le député souhaite également "sanctuariser dans la loi les possibilités d'opinion des journalistes qui travaillent dans l'audiovisuel public tant qu'il y a du contradictoire", ou encore "coordonner une stratégie numérique globale et nationale entre l'ensemble des institutions de l'audiovisuel public".