"Elle voulait me dégager": Patrick Sébastien charge Delphine Ernotte devant les députés

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Jacques Cardoze, Patrick Sébastien et Michel Drucker le 31 mars
Jacques Cardoze, Patrick Sébastien et Michel Drucker à l'Assemblée nationale le 31 mars
par Raphaël Marchal, le Mardi 31 mars 2026 à 20:38

Auditionné par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Patrick Sébastien a accusé la présidente de France Télévisions d'avoir voulu le "dégager" lors de son arrivée. L'ex-animateur a dénoncé les conditions de son départ.

"La gouvernance de Mme Ernotte restera le côté le plus sombre et le plus décevant que j'ai eu de ma vie." Auditionné par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Patrick Sébastien a longuement condamné les choix éditoriaux de la présidente-directrice générale de France Télévisions, qui ont abouti à son départ de l'audiovisuel public, pour des choix "idéologiques". "D'entrée, Madame Ernotte voulait me dégager", a assuré l'animateur du "Plus Grand Cabaret du monde" (1998-2019).

Patrick Sébastien est notamment revenu sur une phrase prononcée par Delphine Ernotte en 2015, constatant que la télévision réservait la part belle aux "hommes blancs de plus de 50 ans". Une formule à tout le moins "maladroite", selon l'ex-présentateur. "Une patronne de service public doit représenter tout le public, pas seulement ceux en accord avec son idéologie", a poursuivi l'humoriste. Avant de constater : "Depuis, j'ai pas beaucoup vu de gens de couleur à la tête d'un prime time."

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Les conditions de son départ de France Télévisions lui sont visiblement restées en travers de la gorge. "On m'a viré dans des conditions très particulières. [...] On m'a même pas parlé", a-t-il affirmé, indiquant que c'est sa femme, employée de son entreprise, qui avait été convoquée pour apprendre la nouvelle. Il a également accusé la direction de France Télévisions d'avoir "interdit à tous les animateurs de [le] recevoir comme invité" après son départ de la maison. "J'ai travaillé pour M. Berlusconi, qui est très critiquable, et je vous promets qu'il y avait plus d'humanité et de respect du public que j'en ai trouvé sur le service public", est-il allé jusqu'à dire, à propos de l'ex-homme d'affaires italien à la personnalité sulfureuse.

Delphine Ernotte, "intouchable"

"Et je ne parle même pas du 'Complément d'enquête' où Madame Ernotte s'est payée mon procès, [...] avec des mensonges et des délations incroyables", a poursuivi Patrick Sébastien, à propos du magazine diffusé par France 2 il y a quelques semaines. "Cette dame me poursuit depuis le départ et je trouve que sur un service public, elle n'y a pas sa place." Enfin, l'ex-animateur, visé par une enquête pour exhibition sexuelle, a jugé que la commission d'enquête menée par Charles Alloncle (UDR) et Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) n'aurait guère d'effet. "Des gens comme Madame Ernotte sont intouchables, et je pense que la politique a à voir là-dedans", a-t-il affirmé.

Le discours tenu par Patrick Sébastien n'a pas manqué de faire réagir certains élus. "Est-ce que ça ne fait pas partie de la vie de la télévision ? Vous parlez de dictature idéologique, mais c'est pas hyper flagrant", a rétorqué Emmanuel Maurel (Gauche démocrate et républicaine). "Même si je peux comprendre votre amertume." La principale mise en cause, Delphine Ernotte, aura l'occasion de se défendre : la présidente-directrice générale de France Télévisions sera la dernière à être entendue par la commission d'enquête le 8 avril, avant que Charles Alloncle ne s'attelle à la rédaction de son rapport. Ce dernier est attendu pour la fin du mois d'avril.