Le député Paul Vannier (La France insoumise) a annoncé, ce vendredi 26 juin, le dépôt d'une proposition de loi "visant la mise à l’abri des personnes sans domicile fixe en période de canicule". Il souhaite que les mesures qui existent déjà pour les périodes de grand froid soient appliquées lors des épisodes de forte chaleur.
Un risque de décès des personnes sans abri, trois fois supérieur lors des vagues de chaleur à celui de la population générale. Tel est le sombre constat sur lequel se fonde la proposition de loi "visant la mise à l’abri des personnes sans domicile fixe en période de canicule" que le député Paul Vannier (La France insoumise) a annoncé déposer, ce vendredi, à l'Assemblée nationale.
Un constat étayé par des chiffres, mais aussi par de tragiques cas concrets, celui de deux sans abri morts à Argenteuil, dans la circonscription de l'élu insoumis, mercredi dernier. Paul Vannier avait alors fustigé la "violence inouïe" d'une décision du maire d'Argenteuil, Georges Mothron (Les Républicains), au sujet de la fermeture d'un centre d’hébergement d’urgence communal.
Expliquant dans l'exposé des motifs de son texte que "les vagues de chaleur aggravent les vulnérabilités déjà extrêmes" des personnes vivant dans la rue, le député du Val-d'Oise souhaite qu'un dispositif de protection soit mis en place sur le modèle des plans grand froid. Il s'agirait ainsi d'imposer aux préfets d’ouvrir des places d’hébergement d’urgence dès le déclenchement par Météo-France d’une vigilance canicule orange ou rouge.
La chaleur autant que le froid tue. Paul Vannier, député LFI
Autre mesure portée par le texte de Paul Vannier, l'instauration d'un "trêve estivale", là-encore reprenant le modèle déjà existant de la trêve hivernale, afin d'interdire les expulsions du 1er juin au 30 septembre.
"La canicule agit comme un accélérateur des inégalités", a martelé Paul Vannier lors d'une conférence de presse sur Youtube, égratignant au passage Quotidien après le tollé suscité par l'une des séquences de l'émission du mercredi 24 juin. "N'en déplaise à Yann Barthès, nous ne sommes pas tous égaux face à la canicule, il n'est pas vrai de dire que Bernard Arnault subit autant que les plus fragiles, les plus pauvres de notre pays, les conséquences de cette canicule". Et Paul Vannier de considérer que l'aggravation des vulnérabilités était "la conséquence de politiques d'abandon des populations les plus fragiles", déplorant que "cet été, le nombre de places d'hébergement d'urgence [ait] été drastiquement réduit".