Contamination au cadmium: des députés appellent à la "mobilisation citoyenne" pour légiférer rapidement

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Clémentine Autain et Benoît Biteau
Clémentine Autain et Benoît Biteau à l'Assemblée nationale, le 14 avril 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mardi 14 avril 2026 à 13:05, mis à jour le Mardi 14 avril 2026 à 14:11

Après la nouvelle alerte de l'Anses, le 26 mars dernier, liée à une imprégnation préoccupante du corps humain au cadmium dès la naissance, le député écologiste Benoît Biteau et sa collègue Clémentine Autain estiment nécessaire de légiférer rapidement pour désamorcer ce qu'ils qualifient de "bombe sanitaire". 

C'était une décision très attendue par les députés qui veulent légiférer pour protéger l’alimentation des contaminations au cadmium. Ce mardi 14 avril, la conférence des présidents de l'Assemblée nationale a inscrit la proposition de loi de Benoît Biteau (Ecologiste et social) à l'ordre du jour de la semaine transpartisane du 11 mai. Signé par des députés de gauche, ainsi que par plusieurs élus du bloc central, le texte n'a cependant été placé qu'en septième position dans l'ordre d'examen des propositions de loi qui seront débattues dans l'hémicycle au cours de cette semaine. Ne lui laissant "aucune chance", selon Benoît Biteau, de pouvoir être discuté dans le temps imparti. 

Une pétition pour faire pression

"Nous en appelons à la mobilisation citoyenne", a donc déclaré, ce mardi, Clémentine Autain (Ecologiste et social), à l'initiative de la proposition de loi avec son collègue Benoît Biteau, se projetant déjà sur la semaine transpartisane suivante, qui aura lieu en juin.

Les députés estiment qu'une pétition en ligne sur la plateforme de l'Assemblée nationale pourrait récolter, à l'instar des pétitions contre les lois Duplomb et Yadan, plus de 500 000 signatures et inciter la conférence des présidents à inscrire à nouveau le texte - en bonne position - à l'ordre du jour de la semaine du 1er juin. Et ce d'autant que, selon nos informations, le groupe Ensemble pour la République s'est prononcé ce mardi pour l'examen du texte, dont les soutiens vont donc désormais au-delà de la gauche de l'hémicycle.

Une pétition pour "protéger la population du cadmium" a déjà été mise en ligne sur la plateforme de l'Assemblée nationale le 30 mars dernier, et compte à ce jour un peu moins de 1200 signatures. L'appel des députés pourrait cependant contribuer à faire grimper le compteur en accélérant la mobilisation. "Il faut agir vite", martèle Benoît Biteau qui souligne que le cadmium, reconnu cancérogène et mutagène, s'avère présent dans nombre de produits de consommation courante, et que "les enfants qui mangent aujourd'hui des produits contaminés, auront dans leur fin de vie des problèmes d'ostéoporose, d'accidents vasculaires-cérébraux, et de possibles cancers".

La France insoumise souhaite une commission d'enquête

Au même moment, La France insoumise a présenté lors de son point presse hebdomadaire une proposition de résolution "tendant à la création d’une commission d’enquête sur les choix opérés en matière de prévention de la pollution au cadmium et des conséquences sanitaires de son imprégnation dans la population française". Des initiatives similaires avaient déjà été lancées par Clémentine Autain puis par le groupe Socialistes en 2025, sans avoir pu aboutir.

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Anne Stambach (La France insoumise) a indiqué ce mardi que la commission d'enquête réclamée par son groupe aurait pour objet de faire la lumière sur ce qu'elle a qualifié de "scandale national", et d'établir "la responsabilité des gouvernements successifs" ainsi que "les pressions politiques" qu'aurait pu subir l'Anses "pour ne pas présenter les avantages de l'agriculture bio" en termes, si ce n'est d'absence, de moindre contamination. Le texte de la proposition de résolution indique que la commission d'enquête aura également pour objet "d’affiner les données de contamination et de mettre en lumière les alternatives". La proposition de résolution doit désormais être approuvée par les députés pour pouvoir donner lieu à une future commission d'enquête.