Invité de Lundi C'est Politique ce lundi 13 avril, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé l'ouverture d'une inspection générale de ses services dans l'affaire du petit garçon séquestré depuis plus d'un an dans une camionnette en Alsace. Le ministre a par ailleurs contesté les chiffres de la Dares concernant la vague de départs à la retraite des enseignants, et affirmé que le nombre d'élèves par classe n'avait jamais été aussi faible qu'aujourd'hui.
"J'ai diligenté ce matin-même une mission de l'inspection générale". Évoquant "une situation abominable" suite à la découverte d'un petit garçon de neuf ans séquestré par son père dans une camionnette à Hagenbach (Haut-Rhin), le ministre de l’Éducation nationale a dit ce lundi 13 avril la nécessité de comprendre "pourquoi personne n'a été en mesure de repérer cette situation". L'enquête de ses services devra aussi faire la lumière sur les "processus qui ont permis au père de ce garçon, de faire en sorte qu'il s'évapore en dehors de tout contrôle administratif", a indiqué Édouard Geffray.
Le ministre de l’Éducation nationale est par ailleurs longuement revenu sur la chute démographique et le chiffre communiqué par son ministère selon lequel le système éducatif perdra 1 676 800 élèves à horizon 2035, soit 14,2% d'élèves en moins par rapport à 2025. "Il y aura nécessairement au cours des dix prochaines années des fermetures de classes", a-t-il aussi admis, tout en appelant à "changer de méthode" et à "partir des besoins des territoires".
Sur l'effet d'aubaine que pourrait constituer cette "vague sismique" démographique sur le nombre d'élèves par classe et l'amélioration des conditions d'apprentissage, Édouard Geffray a indiqué qu'"on n'a jamais eu un nombre aussi faible d'élèves par classe dans le premier degré dans l'histoire de l'école de la République", évoquant une moyenne de 21 enfants par classe, contre 23 en 2017.
Le ministre de l’Éducation nationale a en outre contesté les chiffres de la Dares, organisme émanant du ministère du Travail, concernant l'ampleur des départs en retraite des enseignants. Rappelant que dans une étude publiée en 2022, la Dares avait estimé ce chiffre à 330 000 sur une période allant de 2019 à 2030, il a indiqué que ses services l'estimait plutôt à 68 000 entre 2025 et 2030, soit "une tendance assez constante depuis des années", équivalant à 12 à 13 000 départs en retraite par an.
Sur les violences en milieu scolaire, le ministre a annoncé que dans le cadre du projet de loi relatif à la protection de l'enfance, qui devrait être présenté en Conseil des ministres d'ici un mois, la procédure de contrôle d'honorabilité sera généralisée à "tous les intervenants". Sera également mise en place une "liste noire" où figureront toutes les personnes jugées problématiques et évincées d'un établissement après un comportement inadapté à l'égard d'un mineur, même sans avoir été condamnées pénalement.
Au sujet de la proposition de loi issue des travaux de la commission d'enquête menée par Violette Spillebout (EPR) et Paul Vannier (LFI) suite à l'affaire Bétharram, et dont les collectifs de victimes réclament la mise à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, le ministre a aussi indiqué "d'ores et déjà [mettre] en place des mesures qui en tirent toutes les conséquences".