"Faites le ménage dans vos propos et dans vos rangs !", lance Sébastien Lecornu à LFI, après la mort de Quentin à Lyon

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par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 17 février 2026 à 18:00, mis à jour le Mardi 17 février 2026 à 18:17

Répondant à une question de la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu : "Il est temps que vous fassiez le ménage dans vos propos, dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs". Auparavant, la députée avait dénoncé ceux qui "instrumentalisent" la mort de Quentin Deranque à Lyon pour "salir" La France insoumise.

Comme attendu, l'agression mortelle de Quentin Deranque à Lyon a été au cœur des questions au gouvernement, ce mardi 17 février, à l'Assemblée nationale, avec pour commencer le respect d'une minute de silence en hommage à l'étudiant de 23 ans. "Personne ne devrait mourir pour ses idées", a déclaré en ouverture la présidente du Palais-Bourbon, Yaël Braun-Pivet.

La suite a alterné entre dénonciations de la "mouvance antifa" et de la Jeune garde "encouragée jusque dans cet hémicycle" par La France insoumise, selon les propos de la députée Tiffany Joncour (Rassemblement national) ou de Hanane Mansouri (Union des droites pour la République) ; critiques des comportements de LFI et du RN qui "attisent les divisions", d'après Jean-Luc Fugit (Ensemble pour la république) ; ou encore appels à la responsabilité

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"Cette violence ne vient pas de nulle part, aujourd'hui, l'extrême gauche a du sang sur les mains", a pour sa part lancé le président du groupe de la Droite républicaine, Laurent Wauquiez, pour qui "l'impunité dont bénéficie La France insoumise dans la République doit cesser". 

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La présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, dont le parti a été directement, et nommément, visé à plusieurs reprises dans l'hémicycle a tenu à assurer que sa formation politique "n'accepte pas que la violence physique d'où qu'elle vienne soit employée pour régler les conflits". "Aucun Insoumis n'est impliqué, ni de près ni de loin dans ces violences", a également affirmé l'élue, qui a évoqué douze personnes tuées par l'extrême droite depuis 2022" et pointé du doigt "la réelle responsabilité politique" du gouvernement concernant "le maintien de l'ordre public". 

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Un "drame épouvantable", dénonce Sébastien Lecornu

A deux reprises, Sébastien Lecornu a pris la parole sur le sujet. "On peut avoir des divergences politiques, mais lorsqu'on est un humaniste, (...) on n'oppose pas un mort à un autre mort", a lancé le Premier ministre à l'intention de l'Insoumise. "Pourquoi tout le monde doute de votre sincérité ? (...) Tout simplement, parce qu'il est temps que vous fassiez le ménage, le ménage dans vos propos, dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs", a poursuivi le chef du gouvernement, qui avait au préalable dénoncé "un drame épouvantable" (voir la vidéo en tête d'article).

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En réponse à Laurent Wauquiez (Droite républicaine), Sébastien Lecornu avait dit son "refus de la violence politique", qui "nécessite de sortir de toutes les formes d'ambiguïtés". "C'est un moment de vérité auquel nous assistons (...) Soit on lutte et on refuse la violence, soit on ne lutte pas contre elle", a déclaré le Premier ministre, ajoutant qu'il n'est pas possible d'avoir "la rhétorique de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qu'il se passe parfois dans cet hémicycle peut infuser dans l'ensemble de la société". 

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De son côté, toujours lors des questions au gouvernement, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a appelé à l'arrêt de "la brutalisation de la vie politique", dénonçant l'attitude de La France insoumise. "Il y a de la brutalisation quand on justifie l'action de la Jeune garde et qu'on investit aux élections législatives son dirigeant", a-t-il poursuivi, en référence au député Raphaël Arnault (LFI). 

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La question des conférences politiques dans les universités

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a quant à lui été interpellé sur l'organisation de conférences politiques dans les universités, alors que le décès de Quentin Deranque s'est produit en marge d'une intervention de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Lyon. "Il n'est pas question de l'interdire par principe. En revanche, lorsque ces conférences représentent des risques sérieux, avérés, de troubles à l'ordre public, celles-ci ne doivent pas pouvoir se tenir", a-t-il affirmé. 

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