A l'initiative du député Christian Baptiste (apparenté Socialistes), l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité, ce mercredi 28 janvier, la création d'une commission d'enquête sur "le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales (...) et la situation des mères protectrices".
A l'unanimité. Ce mercredi 28 janvier, les députés ont validé la création d'une commission d'enquête "sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices". C'est-à-dire un parent, le plus souvent une mère, qui refuse de remettre son enfant au père afin de le protéger. "Stopper les crimes sexuels infligés à nos enfants doit être la priorité absolue de la représentation nationale" (voir vidéo en tête d'article) a déclaré dans l'hémicycle Christian Baptiste (apparenté au groupe Socialistes), qui est à l'origine de la proposition de résolution visant à créer cette commission d'enquête. Signe du large soutien à cette initiative, le texte avait été signé par plus de 140 députés.
"La protection de l'enfance, nous en parlons souvent ; le viol d'enfant, nous commençons à l'entendre ; le viol d'enfant par son propre parent, nous avons du mal à le croire. Et pourtant, il y a 160 000 enfants victimes de viols ou d'agressions sexuelles chaque année en France (...) et 77 % sont commises au sein de la famille", a poursuivi le rapporteur, évoquant le cas d'une "mère qui n'a pas dormi cette nuit, comme les nuits précédentes, parce que demain, à 16h30, elle devra déposer sa fille de 4 ans au point de rencontre médiatisé" pour que l'enfant y retrouve son père incestueux.
Prenant la parole pour le groupe Ecologistes et social, le député Arnaud Bonnet a eu du mal à contenir son émotion. "Nous parlons ici d'enfants victimes d'inceste, d'enfants qui trop souvent n'ont pas été crus (...) avec la caution implicite d'institutions censées les protéger", a-t-il souligné, ajoutant quelques instants plus tard : "Chacun d'entre nous a dans son entourage au moins un enfant ou un ancien enfant victime de violences.... pardon... sexuelles, et derrière ces chiffres, il y a des visages, des vies brisées, des enfances détruites."
Au terme de son examen, la proposition de résolution a donc été adoptée à l'unanimité dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. "Pour que le combat des mères protectrices ne soient plus un enfer", selon les mots prononcés par Andrée Taurinya (La France insoumise). "Nous devons être la voix des enfants victimes", a renchéri Philippe Gosselin (Droite républicaine). Désormais créée la commission d'enquête commencera prochainement ses travaux.