Intelligence artificielle: le patron de Mistral AI, Arthur Mensch, "n'exclut pas" une hausse du chômage

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par Maxence Kagni, le Mardi 12 mai 2026 à 18:50, mis à jour le Mardi 12 mai 2026 à 18:59

Le cofondateur de l'entreprise française Mistral AI, Arthur Mensch, auditionné à l'Assemblée nationale, ce mardi 12 mai, a évoqué les défis posés par l'essor de l'intelligence artificielle, notamment en matière d'emploi dans certains secteurs, alors que cette technologie va permettre d'importants gains de productivité. Autre risque : une forte augmentation de la demande d'électricité qui pourrait avoir un effet inflationniste. 

Le déploiement de l'intelligence artificielle risque-t-il d'aggraver le chômage en France ? C'est ce qu'a semblé indiquer le cofondateur de la société d'intelligence artificielle Mistral AI, Arthur Mensch, qui était auditionné ce mardi par la commission d'enquête "sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique".

Le patron de la première "licorne" française a profité de son passage devant les députés pour livrer son diagnostic sur l'essor d'une technologie qui apporte, selon lui, d'immenses gains de productivité : "Vous êtes dans une situation où certains métiers disparaissent presque", a déclaré Arthur Mensch, qui explique par exemple que les ingénieurs au sein de son entreprise "n'écrivent plus de lignes de code".

"Il n'est pas exclu que vous ayez dans certains domaines une augmentation du chômage et d'une certaine manière un déplacement de la valeur du travail vers le capital, un capital qui n'est pour le moment largement pas du capital européen", a expliqué le cofondateur de Mistral AI. Le déploiement rapide de l'intelligence artificielle devrait aussi créer une forte demande en électricité dans un monde "où il n'y a pas assez d'électricité", ce qui risque d'entraîner des "conflits d'usage et donc de l'inflation", a aussi mis en garde Arthur Mensch.

Une réglementation européenne "lourde"

Selon le patron de Mistral AI, "il faut penser la souveraineté comme un levier" : "Dans un monde où vous importez la totalité de vos services numériques [depuis les] Etats-Unis, vous n'avez pas de levier sur les Etats-Unis", a-t-il expliqué, plaidant pour un développement rapide de solutions françaises et européennes dans le domaine de l'intelligence artificielle.

Si tel n'est pas le cas, le déficit commercial de l'Europe risque "d'exploser" a-t-il mis en garde. "Notre consommation d'intelligence artificielle pour nos employés, c'est 10% de notre masse salariale (...)  si vous extrapolez, d'ici trois ou quatre ans, 10% de la masse salariale en Europe c'est à peu près un trilliard", a-t-il indiqué, expliquant que cette somme devra alors s'ajouter au déficit commercial de l'Europe sur les services numériques. 

Arthur Mensch a, par ailleurs, critiqué la "réglementation" européenne, qu'il juge "lourde" et manquant d'harmonisation, ce qui peut freiner selon lui la croissance d'entreprises comme la sienne.