Kylian Mbappé pris pour cible par le RN après avoir masqué un message de soutien à Ceuta

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Capture du compte X de DAZN
Capture du compte X de DAZN
par Maxence Kagni, le Mercredi 16 septembre 2026 à 18:46

Le capitaine de l'équipe de France de football Kylian Mbappé est visé sur les réseaux par des députés Rassemblement national qui lui reprochent d'avoir masqué le message figurant sur un maillot de soutien aux habitants de Ceuta, l'enclave espagnole touchée par de vives tensions depuis un afflux de migrants venant du Maroc, en juillet. 

Le Rassemblement national attaque Kylian Mbappé. Ce mercredi, plusieurs députés du groupe RN à l'Assemblée nationale ont mis en cause le capitaine de l'équipe de France de football, qu'ils accusent de ne pas avoir pleinement porté un maillot en "soutien" aux habitants de Ceuta. L'enclave espagnole est l'objet de vives tensions politiques depuis un afflux de migrants venant du Maroc, à la fin du mois de juillet. 

Ce mardi, le Real Madrid se déplaçait à Elche, dans le cadre du championnat espagnol de football. Lors de leur entrée sur la pelouse, les joueurs ont porté un maillot blanc sur lequel était inscrit "Nous sommes tous des Maquereaux" (Todos somos Caballas), un surnom donné aux habitants de Ceuta. Mais trois joueurs ont retroussé le maillot de façon à masquer le message : la star brésilienne Vinicius Junior et les Français Kylian Mbappé et Ibrahima Konaté, tous deux par ailleurs membres de l'équipe de France. Une décision qui a leur a valu des critiques en Espagne, reprises à leur compte par plusieurs députés Rassemblement national.

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"Est-ce digne d'un capitaine de l'équipe de France ?", demande le député de l'Oise, Alexandre Sabatou, sur son compte X. "Si la honte avait un visage, ce serait celui de Kylian Mbappé", réagi pour sa part l'élu RN Kévin Mauvieux. Julien Odoul a quant lui dénoncé sur CNews un comportement qu'il juge "lamentable et irrespectueux". 

Accusant de "cracher sur le pays où [il joue] et sur le club [qui le paye]", Jérôme Buisson, député de l'Ain, estime quant à lui que d'éventuels sifflets du public espagnol à l'encontre de la star française seraient "mérités". L'élu a aussi publié une image de Kylian Mbappé modifiée par IA où celui-ci porte pleinement le maillot de soutien à Ceuta. L'eurodéputée Marion Maréchal Le Pen, de retour dans le giron du RN, estime pour sa part "honteuse" la décision de Kylian Mbappé.

Une situation politique inflammable

Les 30 et 31 juillet derniers, plus 70 000 migrants étaient entrés à Ceuta de manière illégale, en provenance du Maroc. Selon l'AFP, la majorité d'entre-eux étaient retournés au Maroc dans les heures qui ont suivi leur arrivée en Espagne. Mais plusieurs milliers d'entre-eux sont restés sur place : la situation s'est ensuite dégradée, donnant lieu à des épisodes de violence et à des manifestations de la population locale, qui demande un retour à la normale. Une situation inflammable qui fragilise Pedro Sanchez, à l'approche des élections législatives de 2027, le Parti populaire (droite) et Vox (extrême droite) dénonçant la gestion de la crise par le Premier ministre socialiste.

Interrogé par le journal Le Monde, un proche d'un des trois joueurs concernés explique que l'initiative a été prise "quelques minutes avant leur entrée sur la pelouse" : "Le mieux, dans le football, c'est de ne pas faire de politique", a indiqué cette source au quotidien. Selon le journal L'Equipe, le Real Madrid "répète en privé que chaque joueur était libre de porter ou non le t-shirt et qu'il faut respecter la sensibilité de chacun". Les trois joueurs du Real Madrid ne sont pas les seuls à s'être désolidarisés de ce message de soutien, puisque les joueurs du FC Barcelone n'ont pas porté le maillot lors de leur match de dimanche, "le club catalan refusant d'être associé à un sujet politique" selon L'Equipe.

Ce n'est pas la première fois que la star française irrite les membres du Rassemblement national. A l'occasion des élections législatives de 2024, Kylian Mbappé avait publiquement pris la parole pour "appeler les jeunes à aller voter" car "les extrêmes" étaient selon lui "aux portes du pouvoir". Il avait réitéré son appel pendant l'entre-deux-tours, visant alors le RN sans le citer, en affirmant qu'il y avait "urgence à aller voter après les résultats catastrophiques du premier tour". "On ne peut pas mettre le pays entre les mains de ces gens-là, c’est vraiment urgent", avait-il estimé.