L'élection législative partielle dans la 3e circonscription de Haute-Savoie se solde, ce dimanche 1er février, par la victoire d'Antoine Valentin, candidat de l'Union des droites pour la République soutenu par le Rassemblement national. Avec un score de 59,1% au second tour, il permet au groupe présidé à l'Assemblée nationale par Eric Ciotti, allié de Marine Le Pen, de gagner un siège de député.
Eric Ciotti a été le premier à l'annoncer : avec 59,1% des suffrages exprimés, Antoine Valentin, candidat de l'Union des droites pour la République, a été élu ce dimanche 1er février dans la 3e circonscription de Haute-Savoie. Sans attendre la publication officielle des résultats, le président du groupe UDR s'est réjoui sur X d'accueillir un nouveau député dans ses rangs, le félicitant d'avoir "[battu] la coalition de Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron en Haute-Savoie". Et Eric Ciotti de conclure : "Chaque jour qui passe l’UDR remplace LR partout en France".
Cette élection législative partielle intervenait après la démission en novembre de la députée issue des Républicains Christelle Petex, qui avait choisi de quitter ses mandats politiques, déplorant "trop de politique politicienne", et disant avoir reçu "trop de critiques" et "de menaces".
Antoine Valentin affrontait lors d'un second tour marqué par une faible participation (34,1%), l'ancien suppléant de Christelle Petex, Christophe Fournier (LR), qui a recueilli 40,9% des suffrages. Ce dernier avait reçu le 19 janvier dernier, en soutien de sa candidature, la visite conjointe de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez, respectivement présidents du parti et du groupe à l'Assemblée nationale. Le candidat Place Publique et PS Anthony Penhouët, arrivé en troisième position au premier tour avec 13% des voix, avait suite à sa défaite appelé à "voter contre l'extrême droite" en faisant battre le candidat estampillé "UDR-RN" sur ses affiches de campagne.
Jusqu'à présent maire de la commune de Saint-Jeoire, Antoine Valentin est le cofondateur de l'institut Politicae, présenté comme une structure visant à accompagner des candidats au mandat de maire. Selon plusieurs enquêtes, dont celle de L'Humanité publiée en juillet 2024, cette "école des futurs maires" est financée par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin dans le cadre de son projet Périclès, acronyme de "Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes", destiné à construire l'alliance des droites dans l'optique d'une victoire idéologique et électorale.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a quelques minutes après Eric Ciotti salué à son tour l'"incontestable victoire" d'Antoine Valentin, l'apparentant à "un signal d'espérance" à l'approche des élections municipales. Marine Le Pen a pour sa part rejoint l'analyse d'Eric Ciotti, estimant que "l'alliance RN-UDR bat Les Républicains de Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, totalement discrédités par leur soutien à Emmanuel Macron et aux diktats des socialistes".
Au Palais-Bourbon, Antoine Valentin siégera au sein du groupe UDR, qui compte désormais 17 élus. Par voie de communiqué, le parti emmené par Eric Ciotti a estimé que la victoire de son nouveau député était "celle d'une droite enracinée et décomplexée", et la preuve que "la grande mutation de la droite est irréversible".