Loi Yadan : la gauche accusée de faire de l'obstruction pour tenter d'empêcher l'examen du texte

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par Maxence Kagni, le Jeudi 16 avril 2026 à 12:21, mis à jour le Jeudi 16 avril 2026 à 12:40

Rappels au règlement, demandes de suspension de séance... Les députés de gauche tentent, ce jeudi 16 avril, de ralentir l'examen de la proposition de loi sur l'allongement de la rétention administrative de certains étrangers sous OQTF. Au-delà de leur opposition à ce texte, ils souhaitent repousser l'examen de la proposition de loi Yadan, prévu aujourd'hui. 

L'Assemblée nationale aura-t-elle le temps d'examiner la proposition de loi de Caroline Yadan d'ici à demain soir ? Les députés doivent théoriquement entamer, ce jeudi, les débats sur la controversée loi "visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme". Mais la gauche tente de ralentir les débats en multipliant les rappels au règlement et les suspensions de séance sur un autre texte, afin de repousser le début des discussions sur la loi Yadan. 

Depuis 9 heures ce jeudi matin, les députés ont en effet repris l'examen de la proposition de loi visant à "renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat" du député Charles Rodwell (Ensemble pour la République). Et lorsque cet examen sera terminé, ils devront encore étudier trois autres textes avant d'entamer les débats sur la loi proposée par Caroline Yadan (apparentée EPR). 

Une dizaine de rappels au règlement

Dès 9h07, le député La France insoumise Andy Kerbrat a pris la parole pour faire un rappel au règlement, avant que d'autres élus de gauche en fasse de même, comme Antoine Léaument (LFI) à 9h32 puis à 9h49, suivi de l'écologiste Léa Balage El Mariky ou encore de Céline Hervieu (PS). Les élus de gauche ont jusqu'ici fait une dizaine de rappel au règlement et obtenu trois suspensions de séance.

A 11 heures, Antoine Léaument a même choisi de défendre ses sous-amendements à la tribune, une méthode permise par le règlement de l'Assemblée nationale mais qui reste rare. Après l'avoir autorisée une fois, la présidente de séance, Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons), a finalement choisi de l'interdire par respect des "usages".

L'intervention d'Antoine Léaument, qui a qualifié le code électoral de "xénophobe", a entraîné en retour un autre rappel au règlement du député RN Emeric Salmon, qui a dénoncé un "outrage très grave vis-à-vis de l'Assemblée nationale".

Nous laissons passer la vague de l'obstruction parlementaire qui ne dit pas son nomFlorent Boudié 

La multiplication de ces incidents de séance a mécontenté plusieurs députés, dont le président de la commission des lois, Florent Boudié (Ensemble pour la République) : "Nous avons atteint le degré ultime d'égarement parlementaire (...) Chacun a compris que ce que vous souhaitez c'est de ne pas discuter du prochain texte", a-t-il déclaré. Et d'ajouter, faisant état de la "patience" du gouvernement et du bloc central : "Nous laissons passer la vague de l'obstruction parlementaire qui ne dit pas son nom".