Plusieurs urnes, règles différentes : ce qui change pour les municipales à Paris, Lyon et Marseille

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Une électrice place un bulletin dans l'urne (Elsa Biyick / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Une électrice place un bulletin dans l'urne (Elsa Biyick / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
par Maxence Kagni, le Mardi 10 mars 2026 à 17:24, mis à jour le Mardi 10 mars 2026 à 17:25

Plusieurs urnes, une répartition finale des sièges différente... Les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille se dérouleront différemment du reste de la France. LCP répond aux questions que vous vous posez sur le scrutin des 15 et 22 mars prochains.

Deux élections le même jour et parfois même trois... Les élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars prochains, seront légèrement différentes à Paris, Lyon et Marseille. LCP vous présente les spécificités de ce scrutin dans les trois plus grandes villes de France.

Comment trouver mon bureau de vote ?

L'adresse du bureau de vote se trouve sur votre carte d'électeur, que vous avez normalement reçue à votre domicile. Si ce n'est pas le cas, vous pourrez quand même voter, en vous présentant directement à votre bureau de vote avec une pièce d'identité.

Pour trouver l'adresse de votre bureau de vote, vous pouvez vous connecter en ligne sur le site internet dédié.

Combien de fois vais-je voter ?

Cette année, les habitants de Paris, Lyon (et sa métropole) et Marseille ne voteront pas une seule fois par tour. Ils voteront deux fois et parfois même trois fois, et ce pour différents scrutins.

 Les Parisiens et les Marseillais voteront deux fois le même jour :

  • Une fois pour élire leur conseil municipal (appelé conseil de Paris dans la capitale). C'est ensuite ce conseil municipal qui élira le ou la maire de la ville. 
  • Une fois pour élire les membres du conseil d'arrondissement. Ce sont eux qui éliront ensuite le ou la maire d'arrondissement (appelé maire de secteur à Marseille). 

Les habitants de Lyon voteront trois fois le même jour : 

  • Une fois pour élire leur conseil municipal. Les conseillers municipaux désigneront ensuite le ou la maire de la ville.
  • Une fois pour élire les conseillers d'arrondissements. Ce sont ensuite eux qui désigneront le ou la maire d'arrondissement.
  • Une fois pour élire leur conseil métropolitain. Ce sont ensuite les conseillers métropolitains qui désigneront le ou la maire de la métropole.

Les habitants des 57 villes composant la métropole du Grand Lyon (hors Lyon) voteront quant à eux deux fois : pour désigner leur conseil municipal et pour désigner leur conseil métropolitain.

Comment vais-je voter ?

A Paris et Marseille, les électeurs devront glisser deux enveloppes dans deux urnes différentes. Les Lyonnais devront pour leur part glisser trois bulletins dans trois urnes différentes. Pour éviter les confusions, les bureaux de vote seront spécialement aménagés A Paris et Marseille, deux parcours séparés seront organisés au sein des mêmes bureaux de vote. A Lyon, le même principe sera appliqué, mais trois fois.

Ainsi, par exemple, les Parisiens voteront une première fois pour leurs conseils d'arrondissements en glissant une première enveloppe bleue dans une première urne, après avoir présenté leur carte d'identité. Après ce vote, ils devront signer un premier cahier d'émargement. Ensuite, ils devront recommencer une opération de vote en glissant une deuxième enveloppe marron dans une deuxième urne, après avoir présenté à nouveau leur carte d'identité. Après ce vote, ils signeront un deuxième cahier d'émargement. A Lyon, cette opération sera répétée trois fois.

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(Visuel réalisé par la mairie de Paris)
(Visuel réalisé par la mairie de Paris)

Les règles du scrutin seront-elles les mêmes qu'ailleurs ?

Comme dans le reste de la France, l'élection des conseillers municipaux, qui permettra de choisir le ou la maire de la ville, se fera lors d'un scrutin de listes paritaires, à deux tours. Pour l'emporter au premier tour, une liste devra recueillir la majorité absolue des suffrages. En cas de second tour, ne pourront se maintenir que les listes ayant recueilli au moins 10% des suffrages exprimés. Les listes ayant recueilli au moins 5% des suffrages exprimés pourront fusionner avec une liste ayant obtenu plus de 10%.

La liste qui l'aura emporté au premier ou au second obtiendra une prime majoritaire de 25%, c'est-à-dire qu'elle obtiendra de droit un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges seront ensuite répartis de manière proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés. Cette prime majoritaire de 25% différencie les élections de Paris, Lyon et Marseille des autres élections, puisque cette prime est de 50% dans le reste de la France.

Ces règles peuvent-elles poser problème ?

Le double scrutin à Paris et Marseille et le triple scrutin à Lyon posent des défis logistiques inédits. Ainsi, à Lyon, 1 875 assesseurs seront nécessaires pour accompagner le bon déroulement des opérations, soit 600 de plus qu'en 2020, selon un décompte de Tribune de Lyon. Il manquait, selon nos informations, encore une centaine d'assesseurs à Lyon, ce lundi 9 mars. Par ailleurs, la durée des opérations de dépouillement des scrutins risque d'être rallongée, ce qui pourrait retarder la transmission des résultats définitifs par les préfectures.

Lors des débats sur la loi de 2025 qui a modifié les modes de scrutin à Paris, Lyon et Marseille, plusieurs députés ont remis en cause la décision de n'accorder qu'une prime majoritaire de 25% pour les listes gagnantes, contre 50% ailleurs. En clair, dans toutes les communes de France, les maires peuvent s'appuyer sur une solide majorité, qui dispose d'au moins 50% des sièges du conseil municipal.

Mais avec la prime de 25%, les maires de Paris, Lyon et Marseille ne sont assurés de disposer que d'un quart des sièges. Cette réforme fait "courir un risque d’absence de majorité dans les conseils concernés, en cas de triangulaire ou de quadrangulaire, ce qui ne constitue pas un faible problème", avait mis en garde le député Droite républicaine Nicolas Ray. "Nous allons ancrer, graver dans le marbre, l'instabilité des conseils municipaux à Paris, Lyon et Marseille", avait aussi déploré Charles Sitzenstuhl (Ensemble pour la République).