"Préserver et défendre des contenus de grande qualité": Charles Alloncle dément toute velléité d'affaiblir l'audiovisuel public

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Charles Alloncle sur le plateau de Lundi C'est Politique, le 4 mai 2026
Charles Alloncle sur le plateau de Lundi C'est Politique, le 4 mai 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Lundi 4 mai 2026 à 22:20, mis à jour le Lundi 4 mai 2026 à 22:27

A contre-courant de ses détracteurs, le rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Charles Alloncle (UDR), a récusé sur le plateau de Lundi C'est Politique les accusations selon lesquelles il serait "un agent de la privatisation". Il a estimé que les préconisations de son rapport visant à "optimiser" l'audiovisuel public, au travers notamment d'un milliard d'économies sur son budget, ne revenaient en rien à "l'affaiblir".

"Des contenus de grande qualité, que j'entends préserver, défendre, c'était tout l'objet de cette commission d'enquête". Sur le plateau de Lundi C'est Politique ce lundi 4 mai, Charles Alloncle (UDR) s'est présenté comme un ardent soutien de l'audiovisuel public. Rapporteur de la commission d'enquête sur le sujet, dont les conclusions seront rendues publiques mardi, il a détaillé quelques-unes des pistes de réforme qu'il propose.

"Optimiser" sans "affaiblir"

En premier lieu desquelles figure la réalisation d'un peu plus d'un milliard d'euros d'économies sur les quatre milliards que coûte chaque année l'audiovisuel public, ce afin de l'"optimiser". Le rapporteur de la commission d'enquête est notamment revenu sur la mesure consistant à fusionner France 2 et France 5, proposant de supprimer des rediffusions et de réduire le nombre de cases attribuées aux jeux. "Fusionner et prendre le meilleur de deux chaînes, ce n'est en rien affaiblir le service public", a aussi fait valoir le député.

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Sur le plan financier toujours, Charles Alloncle a par ailleurs accusé la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte d'"une forme de mensonge", de "parjure" et de "déni" au regard de ses réponses durant la commission d'enquête relatives à la dotation de l'audiovisuel public. "Entre l'année 2015 et l'année 2024, la dotation publique a augmenté de 136 millions", a-t-il aussi souligné, estimant que la hausse imputée à la diffusion des Jeux Olympiques de 2024 avait été "compensée" par des recettes. 

Charles Alloncle a également confirmé qu'il souhaitait que les dirigeants de l'audiovisuel public soient nommés sur "proposition du président de la République, vote de l'Assemblée nationale et du Sénat, et avis conforme de l'Arcom" et que ses journalistes soient soumis à "un devoir de réserve". Avant d'indiquer que "l'encadrement et la prévention des conflits d'intérêts entre des dirigeants de l'audiovisuel public et des sociétés de production privées" ferait l'objet d'une proposition de loi. Celle-ci pourrait être examinée lors de la "niche" du groupe UDR présidé par Eric Ciotti, le 25 juin prochain.

Une commission d'enquête et des "mensonges"

Après Delphine Ernotte, Charles Alloncle s'en est pris au président de la commission d'enquête, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), l'accusant de s'être "compromis de façon mensongère" en le décrivant lui-même comme "un agent de la privatisation de l'audiviosuel public", ce qu'il a démenti. Enfin, tout en taisant son nom, Charles Alloncle a accusé "une députée socialiste" membre de la commission d'enquête d'avoir orchestré les fuites de certains éléments de son rapport dans la presse, dénonçant "une entorse extrêmement grave" et disant attendre "un rappel à l'ordre et des sanctions".

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Invitée sur le plateau de Lundi C'est Politique juste après Charles Alloncle, Ayda Hadizadeh (Socialistes) a indiqué se sentir "visée" par ces "insinuations" tout en les récusant de manière ferme. La députée a à son tour accusé Charles Alloncle d'avoir fait preuve dans son rapport et tout au long de la commission d'enquête "de malhonnêteté, de partialité et de mensonges".