Prime carburant, aides à domicile... Le gouvernement annonce 710 millions "d'aides nouvelles" pour faire face à la guerre au Moyen-Orient

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Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce jeudi 21 mai.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce jeudi 21 mai.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Jeudi 21 mai 2026 à 19:40

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et plusieurs de ses ministres ont présenté, ce jeudi 21 mai, les nouvelles aides instaurées pour soutenir l'activité économique en changeant "d'échelle" face à la hausse des prix des carburants causée par la guerre au Moyen-Orient. Voici ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement. 

Parce que "cette guerre va durer", Sébastien Lecornu a annoncé, ce jeudi 21 mai, une nouvelle série d'aides, avec une "obsession" affichée : "que le pays tourne", que "l'activité économique tienne". "On ne va pas changer de stratégie. [...] Si on ne change pas de philosophie, on va changer d'échelle", a déclaré le Premier ministre, lors d'une conférence de presse à Matignon, à laquelle ont participé plusieurs ministres. "Nous n'abandonnerons personne dans le soutien à l'activité", a assuré le chef du gouvernement. 

Concrètement, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a annoncé une enveloppe globale d'1,2 milliards d'euros : 470 millions d'euros "déjà dépensés" et 710 millions d'euros "d'aides nouvelles", qui sont "ciblées et financées". "La guerre ne crée aucun surplus pour l'Etat", a-t-il aussi tenu à assurer, voulant mettre un terme à tout fantasme de "manne cachée" relative à la hausse du prix des carburants. 

Un doublement de la prime carburant

A tour de rôle, les ministres présents ont pris la parole pour développer les mesures prises, secteur par secteur. S'il n'y aura pas de "baisse générale de la fiscalité sur le carburant", la prime carburant versée par les employeurs à leurs salariés va être "renforcée", avec un plafond annuel qui passe de 300 à 600 euros, et "simplifiée", puisque les critères d'attribution seront "supprimés". "Nous faisons confiance aux entreprises volontaires pour savoir qui a besoin de ce coup de pouce", a déclaré le ministre des PME et  du Commerce, Serge Papin.

Les aides déjà en place pour le transport routier elles sont élargies au transport fluvial , pour les pêcheurs et pour les agriculteurs seront prolongées pour une durée de trois mois. Dans le secteur du BTP, l'aide de 20 centimes par litre en vigueur pour les petites entreprises de moins de 20 salariés sera étendue à celles de moins de 50 salariés. De son côté, l'aide aux "gros rouleurs", qui concerne environ trois millions de travailleurs modestes selon le gouvernement, sera également prolongée de trois mois et doublée, de 50 à 100 euros. 

Des annonces ont aussi été faites concernant les aides à domicile, pour qui la hausse des prix du carburant représente "une charge considérable". Elles verront leurs indemnités kilométriques revalorisées ; ce sera aussi le cas pour certains fonctionnaires contraints d'utiliser leur véhicule personnel pour se déplacer sur le terrain ; et une "aide à la location d'un véhicule électrique d'occasion" sera créée. 

"Il faut arrêter d'emmerder les Français"

Car Sébastien Lecornu l'a répété à plusieurs reprises ce jeudi : il faut développer l'électrification du pays, car "les hydrocarbures sont une laisse". "On paie cash cette dépendance", a-t-il poursuivi, estimant que cette situation représentait "le mal à la racine". Outre la mesure pour les aides à domicile, "un bonus écologique spécifiquement dédié aux chauffeurs de taxi" pour la location ou l'acquisition d'un véhicule électrique a été annoncé. 

Refusant d'appeler les Français à réduire leurs déplacements et donc leur consommation de carburant le Premier ministre a lancé qu'il "ne faut pas les emmerder". "Il faut arrêter d'emmerder les Français", a-t-il déclaré, reprenant une formule de Georges Pompidou. "On n'est pas là pour leur faire la leçon, pour leur expliquer comment ils doivent vivre. C'est un grand peuple. On en a vu d'autres des moments difficiles", a-t-il poursuivi, tout en ayant un mot pour l'élaboration des budgets 2027 (de l'Etat et de la Sécurité sociale), qui seront débattus à l'automne : "Cela n'aurait pas été possible en loi spéciale. Je le dis aussi pour la suite."