Dans un entretien au Parisien publié mardi soir, l'ancien dirigeant de l'UMP et maire de Meaux, Jean-François Copé, critique ce qu'il qualifie de "revirement" de la part de l'actuel président de LR, Bruno Retailleau, ce dernier ayant fait de la bataille contre LFI une priorité par rapport à celle contre le RN.
Il avait en son temps théorisé le "ni-ni". Si en vue du second tour des élections législatives de juin 2012, Jean-François Copé avait fixé la ligne du "ni Front national, ni Parti socialiste", c'était déjà en raison des prétendues alliances entre le parti à la rose et "l'extrême gauche de Mélenchon". "Le Front national comme le Front de gauche proviennent des mêmes extrêmes et du même populisme", estimait alors le secrétaire général de l'UMP.
Près de quinze années plus tard, Jean-François Copé n'a pas varié de position, estimant dans un entretien au Parisien paru mardi 8 avril qu'entre le RN et LFI "les méthodes et les stratégies sont les mêmes" et qualifiant de "grave erreur" le fait de "ne pas [le] voir".
A l'antenne de LCP, Jean-François Copé avait déjà eu l'occasion de réitérer l'analyse selon laquelle "Jean-Luc Mélenchon reste un danger absolu, aussi grave que Marine Le Pen", regrettant que la gauche ne mette pas "sur le même pied" La France insoumise et le Rassemblement national.
Mais c'est cette fois la stratégie de sa propre famille politique, et du parti dont il est membre, qu'il critique dans Le Parisien, au travers des prises de position de Bruno Retailleau. Alors que ce dernier a jugé à plusieurs reprises que La France insoumise représentait le danger numéro 1 de l'échiquier politique, devant le RN, Jean-François Copé lui reproche de ne pas avoir fait part de ce "revirement" de doctrine durant sa campagne pour la présidence de LR. Il relativise toutefois la portée de ses paroles, estimant que "le tandem Retailleau-Bellamy, c'est une voix parmi d'autres", et que "des personnalités comme Gérard Larcher, Michel Barnier, Valérie Pécresse, Michèle Tabarot ou Xavier Bertrand restent très fermes".
Tout en prédisant de ce fait même "un schisme" au sein de la droite, Jean-François Copé estime que le concept d'"union des droites" cher à Eric Ciotti - qui a également dirigé Les Républicains avant d'en être exclu après son alliance avec Marine Le Pen -, est un non-sens tant le RN n'est selon lui "pas de droite".