Les boulangers et les fleuristes indépendants pourront ouvrir ce 1er mai, a annoncé aujourd'hui, vendredi 17 avril, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, après avoir repoussé sine die une proposition de loi qui visait à élargir la possibilité de travailler à d'autres professions lors de ce jour en principe férié et chômé.
"Les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans, pourront ouvrir ce 1er mai", a déclaré ce vendredi 17 avril Sébastien Lecornu, après avoir reçu à Matignon des représentants de ces filières. "Le gouvernement a repris la main, on a mis de la clarté, de la méthode, du dialogue social évidemment, tout au long de cette semaine", a ajouté le Premier ministre. Lundi, l'exécutif avait décidé de mettre en mode pause la proposition de loi dédiée, pourtant portée par son camp politique.
Pour ce 1er mai 2026, Sébastien Lecornu a précisé qu'une "instruction sera donnée à l'ensemble des services de l'Etat pour venir préserver, protéger, sécuriser" ces commerçants.
Le Premier ministre a également indiqué qu'un projet de loi allait être "présenté avant ce 1er mai pour cadrer et renvoyer à une discussion sociale par branche". Seront concernés : les boulangeries et fleuristes "artisanaux". Le texte permettra "de faire travailler les salariés sur la base du volontariat et en les payant double".
Pas question pour le gouvernement d'ouvrir cette dérogation à "des filières industrielles", "On sait très bien que c'est ce qui a fait dérailler le train", a affirmé Sébastien Lecornu dans son allocution sur le perron de Matignon. "Le 1er-Mai est quelque chose dans le pays, il a toujours été quesiton qu'il reste férié", a-t-il poursuivi, avant de compléter : "Si d'autres ont d'autres propositions, ils pourront la faire lors des prochaines élections présidentielles."
Sur l'impact de la guerre en Iran dans l'Hexagone, il a indiqué avoir demandé aux ministres "de préparer un prochain paquet d'aides" pour le mois de mai, afin d'aider certaines professions pour qui cela devient difficiles, comme les pêcheurs ou le secteur du BTP.
Interpellé sur les reculs enregistrés à l'Assemblée nationale cette semaine, sur plusieurs textes de loi, le Premier ministre a jugé "préoccupante" la "démobilisation" actuelle au Palais-Bourbon. Et citer le projet de loi sur l'assurance chômage où ce jeudi soir La France insoumise était "en situation quasi majoritaire dans l'hémicycle" et a mis "en échec la première lecture de cette réforme". Le gouvernement va demander une seconde délibération.
"Est-ce que le gouvernement se sent impuissant ? Non. Est-ce que comme chef du gouvernement, je suis inquiet pour mon pays ? Un peu, pour ne pas dire plus", a lancé Sébastien Lecornu.
Insistant une nouvelle fois sur l'importance du dialogue social et du "partage du pouvoir", le Premier ministre a aussi tancé "ceux qui [leur] reprochent de reculer", qui sont "les mêmes qui nous reprochaient la verticalité". "Je ne veux pas de reculades, mais je n'avancerai jamais sur n'importe quoi. Ce qui a failli se passer sur le 1er-Mai aurait pu donner un grand désordre social et politique dans le pays", a-t-il conclu.