Concernant le projet de loi de finances pour 2027, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, estime ce vendredi que "le suspense est faible, pour ne pas dire inexistant". Le député explique ne pas voir "comment Gabriel Attal et Édouard Philippe se mettraient cette année à chercher le moindre compromis avec la gauche", juste avant l'élection présidentielle.
L'université d'été du Parti socialiste a débuté ce vendredi 28 août à Blois (Loir-et-Cher). L'occasion pour les candidats à la primaire du camp social-démocrate – et à ceux qui se tiennent prêts au cas où, comme François Hollande – de venir tester leur popularité et développer leurs propositions face aux militants. Le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, qui devrait aussi se déclarer, ne compte pas le faire lors de cette rentrée (il a jusqu'au 15 septembre). Sur place, le député de Seine-et-Marne a parlé budget 2027 à proximité de la Halle aux grains, où se tient l'événement, et aux côtés de la maire de Nantes, Johanna Rolland.
"Je suis plutôt pour qu'on laisse le débat se lancer" afin que "l'on puisse démasquer les positions des uns et des autres", a expliqué Olivier Faure, prenant en exemple les propositions de Marine Le Pen (Rassemblement national), qui "changent toutes les heures", et celles d'Édouard Philippe (Horizons). "Il propose 20% de plus pour les enseignants. Chiche, on le fait tout de suite ! On va voir s'il le vote,", a développé le socialiste, pour qui "c'est facile de dire demain il fera beau". Et d'ajouter : "Au moins, vous avez une trace des votes et des gens qui s'impliquent."
Concernant l'issue des discussions, le patron du PS affirme que "le suspense est faible, pour ne pas dire inexistant". "Il y aura une censure", estime-t-il. Pourquoi ? "Je ne vois pas très bien comment Gabriel Attal et Édouard Philippe se mettraient cette année (juste avant l'élection présidentielle, NDLR) à chercher le moindre compromis avec la gauche", argumente Olivier Faure.
"Je doute de la capacité du Premier ministre à obtenir des partis du bloc central la moindre concession", commente également le député, dans une interview à Libération publiée ce vendredi, où il s'interroge : "Est-ce qu’à quatre mois d’une présidentielle le bloc central aurait concédé la suspension de la réforme des retraites, les repas à 1 euro pour les étudiants (…) ? La réponse est dans la question."
Or, sans ces concessions, les socialistes n'auraient pas, assurent-ils, voté les précédents budgets. Et si cette année, "à l'issue des débats le budget ressemble aux programmes d'Attal et Philippe, nous n'aurons pas d'autre réponse que la censure", conclut Olivier Faure.
Pour éviter le dépôt d'une motion de censure, possible notamment en cas de recours à l'article 49.3 de la Constitution, et risquer de chuter, le gouvernement – qui souhaite éviter une loi spéciale – pourrait aussi décider de passer par voie d'ordonnances, s'il craint de ne pas disposer d'une marge suffisante. Dans sa lettre aux parlementaires envoyée la semaine dernière, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, écrivait : "Je ne crois pas raisonnable, ni souhaitable, de décider aujourd'hui comment contourner un débat qui n'a pas encore eu lieu."
A Blois ce vendredi, François Hollande s'est différencié d'Olivier Faure sur la question de la censure durant l'examen du budget. "On ne peut pas dire mécaniquement 'le Parti socialiste va censurer'", a-t-il déclaré, appelant, lui, à la "négociation". "S'il n'y a pas de budget pour l'année prochaine, ça mettrait le candidat qui serait victorieux (...) dans une position extrêmement difficile", a également alerté l'ancien chef de l'État.