Les élections sénatoriales, qui doivent renouveler un peu plus de la moitié de la Chambre haute, se déroulent le dimanche 27 septembre. Une trentaine de députés sont candidats, dont une majorité proviennent des rangs du Rassemblement national. LCP fait le point.
Les candidatures sont closes et les prétendants aux élections sénatoriales – la Chambre haute renouvelle un peu plus de la moitié de ses membres le 27 septembre (178 sur 348) – désormais connus (la liste complète est là). Ils avaient en effet jusqu'à vendredi dernier, à 18 heures, pour se déclarer en préfecture. Parmi eux, 130 sénateurs sortants, dont le candidat à la présidentielle et patron des Républicains, Bruno Retailleau, mais aussi 27 députés figurant en position éligible* (34 au total) pour tenter de remporter un siège au Palais du Luxembourg.
C'est le groupe du RN de l'Assemblée nationale – le parti a considérablement élargi son collège de grands électeurs lors des municipales de mars dernier - qui envoie le plus gros contingent de députés à la bataille sénatoriale. Ils seront 16, issus des troupes de Marine Le Pen au Palais-Bourbon, sur la ligne de départ en position éligible (sur 22 candidats au total), dont 7 en tête de liste. Car dans les départements les plus peuplés, qui comptent trois sénateurs ou plus, un scrutin de liste à la proportionnelle s'applique, et donc la possibilité de faire élire plusieurs candidats en fonction du score réalisé.
Les 7 députés Rassemblement national en tête d'une liste sont : Julien Rancoule dans l'Aude, Pascal Markowsky en Charente-Maritime, Géraldine Grangier dans le Doubs, Sylvie Josserand dans le Gard, Edwige Diaz en Gironde, Manon Bouquin dans l'Hérault et Frank Giletti et dans le Var.
Mais sont aussi candidats Joëlle Mélin, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart et José Gonzalez (pas éligible) dans les Bouches-du-Rhône ; Nicolas Meizonnet et Pascale Bordes dans le Gard ; Christine Loir dans l'Eure ; Robert Le Bourgeois et Patrice Martin (pas éligible) en Seine-Maritime ; Catherine Rimbert dans le Vaucluse ; Lisette Pollet (pas éligible) dans la Drôme ; Théo Bernhardt (pas éligible) dans le Bas-Rhin ; Philippe Schreck, Frédéric Boccaletti (pas éligible) et Laure Lavalette (pas éligible) dans le Var.
L'objectif du RN ? Parvenir à constituer un groupe au Palais du Luxembourg (il faut un minimum de dix sénateurs), ce qui serait une première. Le mouvement disposant déjà de trois élus (Aymeric Durox, Joshua Hochart et Christopher Szczurek), qui pointent aujourd'hui chez les non inscrits, il lui en manque sept. Sur le papier, "le minimum qu'on fera, c'est huit [élus]", prédit auprès de l'AFP le directeur de campagne, Ludovic Pajot, qui espère quelques "surprises" supplémentaires. Au besoin, le parti à la flamme n'exclut pas d'essayer "d'attirer d'autres élus" pour faire l'appoint.
Allié du Rassemblement national, l'Union des droites pour la République (UDR), le groupe d'Éric Ciotti, envoie, de son côté, le député Antoine Valentin aux sénatoriales en Haute-Savoie (pas en tête de liste, mais en position éligible).
La France insoumise espère, elle, faire élire ses premiers sénateurs à l'occasion de cette élection. Les noms de deux députés du mouvement de Jean-Luc Mélenchon apparaissent dans les listes, tous deux en première position. Il s'agit de d'Emmanuel Fernandes dans le Bas-Rhin et de Gabriel Amard dans le Rhône.
C'est dans ce dernier département que les insoumis disposent de la meilleure chance de gagner leur premier siège au Sénat, après avoir pris le contrôle de trois villes de la banlieue lyonnaise (Saint-Fons, Vénissieux et Vaulx-en-Velin). Mais le candidat LFI devra faire face à une liste d'union entre les écologistes et les socialistes, et à celle, dissidente, de l'ancien président de la métropole de Lyon, l'écologiste Bruno Bernard.
Toujours à gauche, le député socialiste Jacques Oberti est candidat, en position éligible, en Haute-Garonne.
Le groupe Ensemble pour la République, présidé par Gabriel Attal, voit quant à lui deux de ses députés briguer un siège au Sénat : Olga Givernet mène la liste d'union du centre dans l'Ain et Julie Delpech une liste divers centre dans la Sarthe. La députée Brigitte Klinkert est candidate dans le Haut-Rhin, mais en position non éligible.
Deux députés Horizons, le parti d'Édouard Philippe, sont également en tête d'une liste pour le 27 septembre, avec Christophe Plassard en Charente-Maritime et Loïc Kervran dans le Cher. Pour les Démocrates, Philippe Latombe conduit une liste divers centre en Vendée et Blandine Brocard figure en position éligible dans le Rhône. Membre du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Valérie Bazin-Malgras est, elle, candidate dans l'Aube.
Que se passe-t-il si un député est élu sénateur ? "Le cumul des mandats est interdit", précise le code électoral, selon lequel "tout député élu sénateur ou tout sénateur élu député cesse, de ce fait même, d'appartenir à la première assemblée dont il était membre". Le cas échéant, la loi indique que c'est le suppléant du député qui le remplace à l'Assemblée nationale. Et ce, jusqu'au élections législatives permettant de renouveler la représentation nationale.
* LCP a comptabilisé en "non éligible" les députés figurant sur une liste à une place plus éloignée que le nombre de sièges à pourvoir dans le département. Par exemple, Brigitte Klinkert est en 6e position dans le Haut-Rhin, où seuls quatre sièges sont à pourvoir. Un candidat dans cette situation peut néanmoins devenir sénateur si celui qui était placé devant lui et qui a été élus venait à démissionner.