Lors d'une réunion organisée à Matignon ce mercredi 11 mars pour informer les différentes forces politiques de "l'état de la menace et du positionnement de la France" dans la guerre au Moyen-Orient, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a indiqué qu'un débat sur le conflit aurait lieu à l'Assemblée nationale.
Plusieurs formations politiques, comme La France insoumise, en avaient fait la demande après le déclenchement de la guerre en Iran, Sébastien Lecornu leur a répondu favorablement ce mercredi 11 mars. Un débat au titre de l'article 50-1 de la Constitution aura lieu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale sur le conflit au Moyen-Orient. "Le Premier ministre s'y est engagé en appelant les partis à y participer et les parlementaires à y être présent pour que ce soit utile", a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, à la sortie de Matignon.
Sébastien Lecornu avait convié les différentes forces politiques pour les informer de "l'état de la menace et du positionnement de la France" dans la guerre déclenchée il y a une dizaine de jours.
Le débat ne sera toutefois pas organisé dans les prochains jours. Les travaux parlementaires sont en effet suspendus jusqu'au 22 mars inclus, du fait de la campagne des élections municipales. Le Premier ministre "nous a indiqué qu'il avait questionné différentes forces politiques qui ne souhaitaient pas revenir à l'Assemblée maintenant car il y a une suspension avec la campagne municipale, mais que lui était à disposition et qu'il y aurait à un moment un débat 50-1 comme nous l'avons demandé", a pour sa part commenté la présidente du groupe de La France insoumise, Mathilde Panot, dans la foulée de la réunion. Aucune date précise n'a été avancée.
Ce n'est pas la première fois qu'un tel débat, qui n'est pas contraignant car la plupart du temps organisé sans vote engageant la responsabilité du gouvernement, se tiendra au Parlement : il y en avait eu un en janvier dernier à la suite de l'intervention militaire américaine au Venezuela ou encore en décembre 2025 sur la stratégie de défense nationale de la France.
En revanche, il n'y aura pas dans l'hémicycle de déclaration du gouvernement au Palais-Bourbon au titre de l'article 35 de la Constitution. Ce dernier indique que "le gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention" et en "précise les objectifs poursuivis".
La raison ? "La France n’est pas en guerre et ne participe pas au conflit", a tenu à rappeler aux présents Sébastien Lecornu ce mercredi après-midi, selon l'entourage du Premier ministre. "Il nous a été clairement dit que nous ne sommes pas partie [prenante] au conflit", a indiqué l'écologiste Marine Tondelier. "Le Premier ministre a redit que la France ne comptait pas être cobelligérant", a renchéri Mathilde Panot (LFI). Prenant la parole face à la presse à la sortie de Matignon, le député Jean-Louis Thiériot a également affirmé que "le Premier ministre a[vait] été très clair, ce n'est pas notre guerre, nous ne sommes pas cobéligérants".