Fraude aux prestations sociales: un amendement du RN adopté avec des voix de la droite et du bloc central

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L'hémicycle de l'Assemblée nationale
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 31 mars 2026 à 10:27

Un amendement du Rassemblement national a été adopté lundi à l'Assemblée nationale pour renforcer drastiquement les pénalités en cas de fraude aux prestations sociales, avec le soutien de certains députés de droite et macronistes.

A trois voix près, et contre l'avis du gouvernement et du rapporteur du texte Patrick Hetzel (Droite républicaine). Dans le cadre de l'examen du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales, un amendement du député David Magnier (Rassemblement national) a été adopté, lundi soir, par 27 voix contre 24 (le détail du scrutin est ici).  La gauche a voté contre cet amendement, tandis que les groupes de la Droite républicaine, Horizons et Ensemble pour la République se sont partagés entre votes "pour", "contre" et abstentions. Un député Les Démocrates a également voté pour, et un autre s'est abstenu.

Parmi les fraudes concernées : l'exercice d'un travail dissimulé ou l'absence de déclaration d'un changement de situation donnant droit à une prestation. Jusqu'ici les pénalités sont fixées "en fonction de la gravité des faits", et limitées à quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale (4 005 euros en 2026), qui sert de référence au calcul des cotisations sociales. Ce plafond est doublé en cas de récidive.

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L'amendement RN adopté instaure une amende plancher "égale au triple des montants indûment perçus", puis à "cinq fois le montant concerné" à la première récidive. A partir de la troisième infraction, "des suspensions des droits sociaux, pour les particuliers, et des peines de fermeture administrative renforcées, pour les entreprises, sont appliquées", prévoit le texte.

Le député Insoumis Louis Boyard s'est indigné d'un amendement "voté par les macronistes" dans des "alliances honteuses". "Retirer une prestation sociale à quelqu'un, c'est le condamner à la mort sociale", a-t-il martelé.

Des amendements de gauche sur la fraude fiscale rejetés

Dans la soirée, les députés de gauche ont proposé une série d’amendements visant à lutter plus durement contre la fraude fiscale, visant en particulier les ménages les plus fortunés, mais leurs amendements ont été rejetés. Comme cette proposition du groupe socialiste de créer un registre répertoriant les œuvres d’art d’un montant supérieur à 50 000 euros avec l’objectif notamment d'éviter d’éluder les impôts, rejetée de justesse.

"C’est hallucinant ce que vous demandez à des gens qui touchent des prestations sociales, et ce que vous refusez de demander à ceux qui ont des œuvres d’art de 50 000 euros", a dénoncé la députée LFI Mathilde Feld.

Le socialiste Laurent Baumel a dénoncé avec ce projet de loi "une occasion manquée", alors "qu’il est évident, heure après heure, que la dimension de la fraude fiscale est un faux nez, un prétexte" avec un texte "entièrement ciblé vers la mise en question des personnes les plus pauvres, les plus précaires".

Le ministre de l'Action et des comptes publics, David Amiel, a dénoncé les "discours populistes" qui reviendraient "à faire de la fraude sociale, une fraude des plus précaires""Ce n'est pas vrai. La fraude sociale est faite en majorité par des professionnels de la fraude", a-t-il déclaré. Un vote sur l'ensemble du texte est prévu mercredi.

(avec AFP)